QUAND LA TERRE TREMBLE ET QUE LE CŒUR TREMBLE AUSSI : La foi catholique face à la catastrophe d’un tremblement de terre

Il existe des expériences qui divisent la vie en un « avant » et un « après ».

Un tremblement de terre en fait partie.

En quelques secondes seulement, ce qui semblait solide peut cesser de l’être. Une maison peut devenir un amas de ruines. Une rue familière peut devenir un lieu méconnaissable. Une famille peut être séparée. Une personne peut tout perdre : son foyer, ses biens, son travail ou, plus douloureusement encore, quelqu’un qu’elle aimait.

Et lorsque le mouvement de la terre cesse enfin, un autre mouvement, beaucoup plus profond, commence : celui du cœur.

Les questions surgissent.

Pourquoi Dieu a-t-Il permis cela ?

Où était Dieu lorsque la terre tremblait ?

Pourquoi certains ont-ils survécu alors que d’autres sont morts ?

Pourquoi cela s’est-il produit précisément ici ?

Quel sens peut bien avoir tant de souffrance ?

Pour celui qui a vécu une telle catastrophe, ces questions ne sont pas une question académique. Ce sont des questions qui peuvent surgir au milieu des larmes, dans la peur, devant une maison détruite ou auprès du corps d’un être cher.

L’Église ne répond pas avec des phrases toutes faites.

La foi catholique ne nous enseigne pas à nier la douleur, à faire comme si rien ne s’était passé ou à dire superficiellement que « tout arrive pour une raison ». Elle ne nous autorise pas non plus à affirmer que les victimes d’une catastrophe ont été punies par Dieu.

L’Église propose quelque chose de beaucoup plus profond : entrer dans le mystère de la souffrance les yeux fixés sur le Christ crucifié et ressuscité.

Car lorsque la terre tremble, tout peut sembler s’effondrer.

Mais pour le chrétien, il existe une vérité qui demeure :

Le Christ ne s’effondre pas.


1. La première chose qu’un catholique doit savoir : vous n’êtes pas obligé de tout comprendre

L’une des premières tentations après une tragédie est de chercher immédiatement une explication.

L’être humain a besoin de comprendre.

Nous voulons savoir pourquoi cela s’est produit, pourquoi telle personne est morte, pourquoi telle maison a résisté et telle autre non, pourquoi l’un a été sauvé tandis qu’un autre est resté prisonnier sous les décombres.

La science peut expliquer beaucoup de choses concernant le phénomène sismique : les plaques tectoniques, le mouvement des failles, la magnitude, l’épicentre, les ondes sismiques et les facteurs qui déterminent l’ampleur des destructions.

Mais il existe une autre question qui appartient à un autre niveau :

Pourquoi Dieu permet-Il qu’il existe un monde dans lequel de telles choses peuvent arriver ?

Ici, la foi catholique est profondément réaliste.

Le Catéchisme affirme que la question du mal est « aussi pressante qu’inévitable, aussi douloureuse que mystérieuse », et avertit qu’il n’existe pas de réponse simple. La réponse chrétienne doit considérer l’ensemble de la foi : la bonté de la Création, le drame du péché, l’Incarnation rédemptrice du Christ, l’action de l’Esprit Saint, l’Église, les sacrements et l’appel à la vie éternelle.

Cela signifie quelque chose de très important pour celui qui vient de subir une tragédie :

vous pouvez avoir la foi et continuer à poser des questions.

Vous pouvez pleurer et avoir la foi.

Vous pouvez avoir peur et avoir la foi.

Vous pouvez ne pas comprendre et continuer à faire confiance.

Vous pouvez même connaître des moments de trouble spirituel sans avoir nécessairement abandonné Dieu.

La foi ne consiste pas à posséder une explication immédiate pour chaque événement.

Elle consiste à faire confiance à Dieu même lorsque nous ne comprenons pas encore.


2. Un tremblement de terre est-il une punition de Dieu ?

Cette question doit être traitée avec une immense prudence.

Tout au long de l’histoire, certaines personnes ont interprété certaines catastrophes comme des châtiments divins pour des péchés précis. L’Écriture Sainte contient certainement des épisodes dans lesquels Dieu juge et punit le péché.

Mais cela ne nous autorise pas à identifier automatiquement une catastrophe particulière à un châtiment divin particulier.

Le Christ Lui-même a rejeté une interprétation simpliste de la souffrance.

Lorsque des personnes Lui parlèrent de personnes ayant subi un malheur, Jésus demanda :

« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? »

Et Il répond que non.

L’enseignement est fondamental.

Nous ne devons pas regarder les victimes et conclure qu’elles étaient pires que nous.

Un tremblement de terre ne nous donne pas la permission de juger la conscience de ceux qui sont morts.

Encore moins devons-nous dire à une famille qui vient de perdre un enfant :

« Dieu vous a punis. »

Ce n’est pas pastoral.

Ce n’est pas la charité.

Ce n’est pas une application correcte de la doctrine catholique.

Le catholique doit s’approcher de celui qui souffre comme le Christ s’approchait de ceux qui souffraient : avec miséricorde, respect, présence et compassion.


3. Le mal physique et le mystère de la Providence divine

Nous entrons ici dans l’un des grands thèmes de la théologie catholique.

Il existe le mal moral, qui procède du péché et du mauvais usage de la liberté humaine.

Mais il existe également le mal physique : maladie, tremblements de terre, inondations, accidents, handicap, vieillissement et mort.

Dieu n’est pas l’auteur du péché.

Et lorsque nous parlons d’une catastrophe naturelle, nous ne devons pas imaginer Dieu comme quelqu’un qui prend plaisir à provoquer la souffrance.

Alors, que signifie dire que Dieu est providentiel ?

Cela signifie que Dieu soutient, gouverne et conduit la création vers sa fin ultime. Le Catéchisme enseigne que Dieu n’abandonne pas ses créatures et que, dans sa Providence, Il peut permettre certains maux sans cesser pour autant d’être infiniment bon.

Une distinction essentielle apparaît ici :

Dieu peut permettre un mal sans vouloir le mal en tant que mal.

Et Il peut le permettre parce que Sa Providence peut faire surgir des biens que nous, dans notre perspective limitée, ne pouvons pas encore voir.

Saint Augustin a exprimé l’une des intuitions fondamentales de la théologie chrétienne avec l’idée que Dieu est tellement bon et puissant qu’Il peut faire surgir le bien même de ce qu’Il a permis.

Mais nous devons être prudents.

Dire que Dieu peut tirer un bien du mal ne signifie pas que le mal devient bon.

La mort d’une personne demeure douloureuse.

La destruction d’une famille demeure une tragédie.

La perte d’un foyer demeure une perte.

La foi n’appelle pas le mal un bien.

La foi affirme que le mal n’a pas le dernier mot.


4. La réponse définitive de Dieu à la souffrance a un visage : Jésus-Christ

Si nous voulons comprendre la souffrance en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas commencer et terminer par une explication philosophique.

Nous devons regarder le Christ.

Car Dieu ne resta pas éloigné de la souffrance humaine.

Le Verbe s’est fait chair.

Le Christ a connu la fatigue.

Il a connu la faim.

Il a connu le rejet.

Il a connu l’incompréhension.

Il a pleuré devant le tombeau de Lazare.

Il a éprouvé l’angoisse à Gethsémani.

Il a été frappé.

Il a été humilié.

Il a été cloué sur une Croix.

Et Il est mort.

Ainsi, lorsqu’un chrétien se trouve devant une ville dévastée par un tremblement de terre, il peut regarder le Crucifié et dire :

« Dieu sait ce que signifie souffrir. »

Nous ne sommes pas devant un Dieu qui regarde la souffrance de loin.

Nous sommes devant un Dieu qui est entré dans l’histoire et a assumé notre nature humaine.

La Croix n’explique pas chaque détail de chaque tragédie.

Mais elle nous révèle quelque chose d’infiniment plus important :

Dieu peut être présent même là où nous ne voyons que l’abandon.


5. La Croix et la Résurrection : le chrétien ne croit pas à une tragédie sans fin

C’est ici que se trouve le cœur de notre espérance.

Si le Christ était seulement mort, le christianisme serait une religion de résignation admirable.

Mais le Christ est ressuscité.

C’est pourquoi saint Paul peut écrire :

« Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8,28).

Cela ne signifie pas que tout ce qui arrive est bon.

Cela signifie que Dieu peut conduire même ce qui est douloureux vers un bien ultime.

La Résurrection transforme notre manière de regarder la mort.

Le chrétien ne dit pas :

« La mort n’a pas d’importance. »

Il dit :

« La mort n’a pas le dernier mot. »

C’est pourquoi, lorsque des personnes sont mortes dans un tremblement de terre, l’Église ne se contente pas de présenter ses condoléances.

Elle prie pour leurs âmes.


6. Le catholique doit prier pour les défunts

Dans une société qui cherche souvent à cacher la réalité de la mort, une catastrophe la place directement sous nos yeux.

L’Église répond en rappelant une vérité qui ne doit jamais disparaître :

l’homme a été créé pour l’éternité.

Lorsqu’une personne meurt, son âme comparaît devant Dieu.

C’est pourquoi prier pour les défunts est une œuvre de miséricorde spirituelle.

La Sainte Messe offerte pour eux.

Le Rosaire.

Le Notre Père.

L’Ave Maria.

Le De profundis.

Les prières pour les âmes du purgatoire.

Une simple prière peut accompagner spirituellement ceux que nous ne pouvons plus embrasser physiquement :

« Donne-leur, Seigneur, le repos éternel. Et que brille sur eux la lumière sans fin. Qu’ils reposent en paix. Amen. »

Nous ne savons pas quel a été le jugement particulier d’une personne précise.

Nous ne devons donc pas la condamner.

Mais nous ne devons pas non plus tomber dans l’extrême inverse qui consisterait à nier la nécessité de prier pour les défunts.

La charité continue au-delà de la mort.


7. Et pour ceux qui ont survécu : il faut aussi prendre soin de l’âme blessée

Il existe ici une dimension pastorale que nous oublions parfois.

Une personne peut avoir survécu physiquement et être pourtant profondément blessée intérieurement.

Elle peut avoir peur de rentrer à nouveau dans une maison.

Elle peut sursauter au moindre bruit.

Elle peut se sentir coupable d’avoir survécu.

Elle peut se demander :

« Pourquoi moi, et pas mon frère ? »

Elle peut ressentir de la tristesse, de la colère, du silence ou même un sentiment d’abandon de la part de Dieu.

Le catholique qui accompagne une telle personne doit être très prudent.

Il ne doit pas dire :

« Ne pleure pas. »

Il doit lui permettre de pleurer.

Il ne doit pas dire :

« Tu dois être fort. »

Il doit l’accompagner.

Il ne doit pas dire :

« Dieu sait ce qu’Il fait », comme une formule destinée à clore rapidement la conversation.

Il doit souvent simplement s’asseoir à côté d’elle.

La présence est également une forme de charité.


8. Un chrétien peut-il avoir peur ?

Oui.

Et cela est important.

La vertu chrétienne ne consiste pas à ne jamais éprouver d’émotions.

La peur est une réaction humaine naturelle face à un danger réel.

La question morale ne réside pas simplement dans le fait d’avoir peur, mais dans ce que nous faisons de cette peur.

Nous pouvons la présenter à Dieu.

Nous pouvons prier tout en ayant peur.

Nous pouvons dire :

« Seigneur, j’ai peur. Aide-moi. »

Cela aussi est une prière.

Les Psaumes sont remplis d’hommes qui crient vers Dieu dans l’angoisse.

La foi ne commence pas toujours par :

« Je suis calme. »

Elle commence parfois par :

« Seigneur, je n’en peux plus, mais je continue à Te faire confiance. »


9. La prière de celui qui a perdu un être cher

Il existe des douleurs qu’aucune explication théologique ne peut immédiatement faire disparaître.

Lorsqu’une personne perd son père, sa mère, son enfant, son mari, sa femme ou un ami, elle n’a pas d’abord besoin d’un discours.

Elle a besoin d’être accompagnée.

La théologie doit être au service de la personne.

Et ici, nous devons nous souvenir des paroles de l’Évangile :

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés » (Matthieu 5,4).

Jésus ne dit pas que ceux qui pleurent se trompent.

Il promet la consolation.

Ainsi, si vous avez perdu quelqu’un dans une catastrophe, vous pouvez pleurer devant Dieu.

Vous pouvez Lui parler de cette personne.

Vous pouvez Le remercier de vous avoir permis de la connaître.

Vous pouvez prier pour son âme.

Vous pouvez demander de l’aide pour accepter son absence.

Et vous pouvez espérer la retrouver auprès de Dieu.

L’espérance chrétienne ne consiste pas à faire semblant que la séparation ne fait pas mal.

Elle consiste à croire que la séparation n’est pas nécessairement définitive.


10. Le catholique doit agir : la charité ne peut pas rester seulement des paroles

La foi authentique conduit toujours à la charité.

Après un tremblement de terre, il ne suffit pas de publier :

« Mes prières ».

Si nous pouvons faire davantage, nous devons le faire.

Donner.

Partager de la nourriture.

Offrir un logement.

Aider à la reconstruction.

Aider les personnes âgées.

Aider les enfants.

Collaborer avec les professionnels.

Donner son sang lorsque cela est nécessaire et possible sans danger.

Apporter une aide financière aux familles touchées.

Participer aux initiatives paroissiales.

L’Église a toujours compris que les œuvres de miséricorde font partie intégrante de la vie chrétienne.

Un catholique ne doit pas regarder la souffrance à distance lorsqu’il possède réellement la possibilité de la soulager.

Les mains du chrétien doivent devenir les mains du Christ.


11. La paroisse doit être une maison au milieu de la catastrophe

Dans une tragédie, la paroisse peut jouer un rôle extraordinaire.

Elle peut être un lieu de prière.

Elle peut offrir un refuge.

Elle peut organiser une aide matérielle.

Elle peut rassembler des volontaires.

Elle peut accompagner les familles.

Elle peut célébrer la Sainte Messe pour les défunts.

Elle peut administrer les sacrements.

Elle peut mettre des prêtres à disposition pour entendre les confessions.

Elle peut accompagner spirituellement ceux qui sont terrorisés.

Et surtout, elle peut rappeler une vérité :

l’Église n’abandonne pas ses enfants lorsque le malheur frappe.

L’accompagnement pastoral doit être intégral :

le corps et l’âme.

Il ne serait pas chrétien de répondre uniquement aux besoins matériels en oubliant l’âme.

Mais il ne serait pas davantage chrétien de parler exclusivement de l’âme tout en ignorant une personne qui a besoin d’eau, de nourriture, de médicaments ou d’un abri.

Le Christ nourrissait, guérissait, consolait et pardonnait.

L’Église doit toujours apprendre de son Seigneur.


12. La prudence est aussi une vertu chrétienne

Face à une catastrophe, nous devons rejeter une autre idée fausse :

« Si j’ai la foi, Dieu me protégera. »

La confiance en Dieu ne signifie pas mépriser les mesures de sécurité.

S’il existe un risque d’effondrement, nous devons nous éloigner.

Si les autorités ordonnent une évacuation, nous devons évacuer.

Si les experts recommandent certaines mesures, nous devons les écouter.

Construire des bâtiments résistants aux séismes.

Préparer des sacs d’urgence.

Connaître les itinéraires d’évacuation.

Aider les autorités.

Suivre les instructions des équipes de secours.

Tout cela est compatible avec la foi.

En réalité, cela fait partie de la vertu de prudence.

La foi ne remplace pas la responsabilité.

La grâce ne détruit pas la nature.

Elle la perfectionne.


13. Nous devons également veiller à notre comportement sur les réseaux sociaux

Nous vivons dans une réalité nouvelle.

Pendant une catastrophe, les réseaux sociaux peuvent devenir un outil extraordinaire pour localiser des personnes, demander de l’aide et transmettre des informations.

Mais ils peuvent aussi devenir une fabrique de peur.

Rumeurs.

Fausses vidéos.

Informations non vérifiées.

Chiffres inventés.

Prophéties apocalyptiques.

Messages qui attribuent immédiatement le tremblement de terre à certains péchés.

Un catholique doit également pratiquer la prudence sur Internet.

Tout ce qui provoque une émotion ne doit pas nécessairement être partagé.

Avant de publier quelque chose, nous devons nous demander :

Est-ce vrai ?

Est-ce nécessaire ?

Cela pourrait-il nuire à quelqu’un ?

Respecte-t-il la dignité des victimes ?

Est-ce que j’aide ou est-ce que je cherche simplement à attirer l’attention ?

Au milieu d’une tragédie, la charité consiste aussi à savoir se taire.


14. Le tremblement de terre comme appel à la conversion

Il existe une dimension spirituelle que nous ne devons pas ignorer.

Un tremblement de terre peut nous rappeler de manière dramatique que nos sécurités terrestres sont fragiles.

Jésus a utilisé l’image d’une maison bâtie sur le roc.

Nous pouvons avoir de l’argent.

Une maison.

Une profession.

Du prestige.

Des projets.

Des plans.

Mais tout cela peut disparaître.

Alors surgit la question décisive :

Sur quoi ai-je construit ma vie ?

Car tôt ou tard viendra pour chacun un « tremblement de terre » définitif : notre propre mort.

Et nous ne savons pas quand.

C’est pourquoi une catastrophe peut aussi devenir un appel à remettre notre vie en ordre.

Nous confesser à nouveau.

Nous réconcilier avec quelqu’un.

Abandonner un péché.

Revenir à la Sainte Messe.

Retrouver la prière.

Prier le Rosaire chaque jour.

Placer notre famille sous la protection de la Bienheureuse Vierge Marie.

Réapprendre à vivre pour Dieu.

Non pas parce que nous pensons que le tremblement de terre a nécessairement été envoyé comme un châtiment.

Mais parce que tout événement qui nous rappelle la fragilité de la vie peut nous aider à retrouver la perspective de l’éternité.


15. « Même si la terre tremble, je ne craindrai pas »

Le Psaume proclame :

« Dieu est pour nous un refuge et une force, un secours toujours offert dans la détresse. C’est pourquoi nous ne craignons pas, quand la terre est bouleversée » (Psaume 46,2-3).

Ces paroles prennent une force extraordinaire après un tremblement de terre.

Elles ne signifient pas que le chrétien ne ressentira jamais la peur.

Elles signifient que la peur ne doit pas nécessairement devenir désespoir.

La terre peut trembler.

Notre corps peut trembler.

Notre maison peut trembler.

Notre cœur peut trembler.

Mais Dieu demeure Dieu.


16. Et lorsque le tremblement de terre est terminé, une autre étape commence

Il existe une tendance naturelle à penser que la tragédie se termine lorsque les répliques cessent.

Mais pour beaucoup de personnes, une autre bataille commence alors.

Reconstruire.

Trouver un logement.

Reprendre le travail.

Enterrer les morts.

Soigner les blessés.

Surmonter la peur.

Dormir à nouveau.

Rentrer à nouveau dans une maison.

Célébrer à nouveau.

Prier à nouveau.

Et c’est ici que l’Église doit demeurer.

Pas seulement pendant les premières heures.

Pas seulement lorsque les caméras sont présentes.

Pas seulement tant que la tragédie fait l’actualité.

La charité chrétienne doit avoir une mémoire.

L’accompagnement pastoral peut durer des mois et des années.

Car certaines blessures mettent beaucoup de temps à cicatriser.


17. Une parole particulière pour ceux qui ont souffert

Si vous avez vécu un tremblement de terre et que vous avez perdu votre maison, vos biens ou un être cher, peut-être n’avez-vous pas de réponses en ce moment.

Vous n’avez pas besoin de toutes les avoir.

Si vous êtes en colère contre Dieu, parlez-Lui.

Si vous avez peur, parlez-Lui.

Si vous pleurez, pleurez devant Lui.

Si vous ne pouvez pas prier, dites simplement :

« Seigneur, me voici. »

Cela peut déjà être une prière.

Ne pensez pas que Dieu vous a abandonné parce que vous ne comprenez pas ce qui s’est passé.

Ne confondez pas le silence de Dieu avec Son absence.

Le Christ Lui-même, sur la Croix, a prononcé des paroles d’abandon et pourtant, c’est précisément là qu’Il accomplissait l’œuvre suprême de notre Rédemption.

Votre souffrance ne signifie pas que Dieu a cessé de vous aimer.

Et même si vous ne pouvez pas maintenant comprendre pourquoi cela est arrivé, vous pouvez demander la grâce de traverser cette épreuve accompagné par Lui.


Quand tout s’effondre, le Christ demeure

Un tremblement de terre peut détruire des bâtiments.

Il peut briser des routes.

Il peut séparer des familles.

Il peut laisser des villes entières blessées.

Mais il ne peut pas détruire la dignité d’une personne.

Il ne peut pas détruire l’amour.

Il ne peut pas détruire la prière.

Il ne peut pas détruire la charité.

Et, pour celui qui vit dans le Christ, il ne peut pas détruire l’espérance.

La foi catholique ne promet pas que nous ne souffrirons jamais.

Elle promet quelque chose d’infiniment plus grand :

que notre souffrance peut être unie à celle du Christ et que la mort n’aura pas le dernier mot.

C’est pourquoi le chrétien peut pleurer et espérer.

Il peut souffrir et aimer.

Il peut avoir peur et faire confiance.

Il peut tomber à genoux au milieu des ruines et continuer à prier.

Il peut regarder une église endommagée et se souvenir que Dieu n’est pas emprisonné entre ses murs.

Il peut perdre une maison et découvrir à nouveau où se trouve sa véritable demeure.

Il peut perdre ses biens et comprendre une fois encore qu’il existe un trésor que personne ne peut lui voler.

Il peut même affronter la mort et se souvenir des paroles de saint Paul :

« Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? » (Romains 8,35).

La réponse de l’Apôtre est claire : rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

C’est pourquoi, lorsque la terre tremblera à nouveau — et lorsque nos propres sécurités trembleront à nouveau — nous devons nous souvenir de l’endroit où se trouve notre véritable rocher.

Il n’est pas dans nos biens.

Il n’est pas dans nos forces.

Il n’est pas dans notre capacité à tout contrôler.

Il est dans le Christ.

Et à partir de cette certitude, le catholique doit regarder celui qui souffre et s’approcher de lui.

Il doit prier.

Il doit aider.

Il doit consoler.

Il doit offrir la Sainte Messe pour les défunts.

Il doit recourir aux sacrements.

Il doit prendre soin des vivants.

Il doit se souvenir des morts.

Il doit reconstruire.

Il doit espérer.

Et finalement, il doit remettre toute chose entre les mains de Dieu.

Car peut-être ne pouvons-nous pas comprendre pourquoi la terre a tremblé.

Mais nous savons qui demeure lorsque tout tremble :

Jésus-Christ, notre Rocher, notre Rédempteur et notre espérance.

« Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement » (Hébreux 13,8).

Lorsque tout le reste bouge, Lui demeure.

Prière pour les victimes d’un tremblement de terre

Seigneur Dieu, Père de miséricorde,

nous plaçons devant Toi tous ceux qui ont souffert à cause de cette terrible catastrophe.

Accueille dans Ton Royaume ceux qui sont morts et donne-leur le repos éternel.

Console ceux qui pleurent la perte de leurs proches.

Soutiens ceux qui ont été blessés.

Protège ceux qui cherchent encore leurs proches.

Fortifie les équipes de secours, les médecins, les infirmiers, les pompiers, les policiers, les prêtres, les volontaires et tous ceux qui travaillent à soulager la souffrance.

Donne à Ton peuple la générosité pour partager, la force pour servir et la patience pour reconstruire.

À ceux qui ont perdu leur maison, donne l’espérance.

À ceux qui ont perdu leurs biens, donne la confiance.

À ceux qui ont perdu quelqu’un qu’ils aiment, donne-leur la consolation de Ta présence.

Et à ceux qui se sentent abandonnés, montre-leur que Tu n’abandonnes jamais Tes enfants.

Sainte Marie, Mère des Douleurs, Toi qui es demeurée auprès de la Croix de Ton Fils, demeure également auprès de tous ceux qui pleurent aujourd’hui.

Apprends-nous à demeurer auprès de ceux qui souffrent.

Apprends-nous à ne pas chercher d’explications faciles.

Apprends-nous à avoir confiance lorsque nous ne comprenons pas.

Apprends-nous à transformer la souffrance en prière et la prière en charité.

Et lorsque notre propre heure viendra, accorde-nous de mourir dans Ta grâce et d’atteindre la vie éternelle.

Par le Christ notre Seigneur.

Amen.

À propos catholicus

Pater noster, qui es in cælis: sanc­ti­ficétur nomen tuum; advéniat regnum tuum; fiat volúntas tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum cotidiánum da nobis hódie; et dimítte nobis débita nostra, sicut et nos dimíttimus debitóribus nostris; et ne nos indúcas in ten­ta­tiónem; sed líbera nos a malo. Amen.

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