Il y a des saints qui semblent appartenir à une époque déterminée. Et il y en a d’autres dont la vie, plus le temps passe, plus elle apparaît étonnamment actuelle.
Saint François d’Assise appartient à ce second groupe.
Huit siècles se sont écoulés depuis sa mort et, pourtant, sa figure continue de susciter admiration, interrogations et même controverses. On le présente comme un amoureux de la nature, un ami des animaux, un homme de paix, un défenseur des pauvres ou un précurseur d’une certaine sensibilité écologique. Tout cela contient des éléments vrais. Mais si nous nous arrêtons seulement à cela, nous risquons de perdre le véritable François.
Car saint François d’Assise ne fut pas, avant tout, un écologiste, un réformateur social, un pacifiste moderne ni un philanthrope.
Saint François fut un homme conquis par Jésus-Christ.
Et c’est précisément pour cela qu’il fut pauvre, humble, pénitent, fraternel, amoureux des personnes dans le besoin, artisan de paix, contemplatif et profondément uni à la création.
Son secret ne se trouvait pas dans une idéologie.
Il se trouvait dans l’Évangile.
Sa vie peut se résumer en une question qui demeure extrêmement actuelle :
Que se passerait-il si un chrétien prenait réellement au sérieux les paroles de Jésus-Christ ?
François tenta de répondre à cette question par toute son existence.
1. Qui fut saint François d’Assise ?
Saint François naquit à Assise, en Italie, vers 1181-1182, dans une famille aisée. Son père, Pietro Bernardone, était un riche marchand de tissus.
François connut dès sa jeunesse une vie confortable. Il avait des possibilités économiques, du prestige social et un avenir apparemment assuré.
Mais Dieu avait d’autres projets.
Sa jeunesse fut marquée par le désir de gloire, la joie des fêtes et aussi par sa participation aux conflits militaires entre les villes italiennes. Il fut fait prisonnier et souffrit ensuite d’une maladie.
Ces expériences commencèrent à provoquer en lui une transformation intérieure.
Ce qui lui paraissait auparavant attrayant commença à perdre son éclat.
Et ce qui lui inspirait auparavant du dégoût commença à prendre une signification complètement différente.
Parmi les expériences décisives de sa conversion se trouve sa rencontre avec les lépreux.
François lui-même devait se rappeler plus tard que ce qui lui était auparavant amer devint, par la grâce de Dieu, douceur.
Nous trouvons déjà ici l’une des clés de toute sa spiritualité :
la conversion chrétienne ne consiste pas simplement à changer d’idées ; elle consiste à permettre au Christ de transformer ce que nous aimons, ce que nous craignons et ce que nous sommes capables d’offrir.
2. « Le Seigneur m’accorda de commencer à faire pénitence »
François ne se convertit pas en un seul jour à la suite d’une émotion passagère.
Sa conversion fut un chemin.
Il commença à rechercher la prière, la solitude, la pénitence et la miséricorde.
Peu à peu, il découvrit que le Christ l’appelait à abandonner une existence centrée sur lui-même pour vivre radicalement l’Évangile.
L’un des événements décisifs eut lieu devant le Crucifix de Saint-Damien.
Selon la tradition franciscaine, François entendit alors cet appel :
« François, va et répare mon Église. »
Cette phrase a été interprétée de nombreuses manières. Mais il y a quelque chose de fondamental que nous ne devons pas oublier.
François ne comprit pas cet appel comme une autorisation de créer une Église différente.
Il ne voulut pas fonder une nouvelle religion.
Il ne voulut pas se séparer de l’Église.
Il ne voulut pas devenir un réformateur indépendant.
Sa réponse fut de vivre l’Évangile dans l’Église.
En effet, lorsque la fraternité commença à grandir, François se rendit à Rome pour présenter au pape Innocent III sa forme de vie. Benoît XVI souligna précisément cet aspect : François comprit que le charisme reçu de l’Esprit Saint devait être mis au service de l’Église, Corps du Christ.
Cela est particulièrement important pour comprendre le véritable saint.
La véritable réforme catholique commence par la conversion et la sainteté, et non par la rupture avec l’Église.
3. Le moment décisif : écouter l’Évangile
En 1208, François entendit dans l’église Sainte-Marie-des-Anges l’Évangile de l’envoi des Apôtres.
Le Christ envoyait ses disciples annoncer le Royaume.
François comprit que ces paroles pouvaient également s’adresser à lui.
Et il décida de les vivre.
Pauvreté.
Prédication.
Conversion.
Pénitence.
Confiance absolue en la Providence.
Fraternité.
Amour du Christ.
Pour lui, il ne s’agissait pas d’admirer l’Évangile.
Il s’agissait de le vivre.
D’autres hommes commencèrent à se joindre à lui et une fraternité naquit.
En 1209, François se rendit à Rome avec ses premiers compagnons et présenta au pape le projet de vie évangélique. Le mouvement grandit jusqu’à devenir l’une des grandes familles religieuses de l’Église.
Nous trouvons ici un enseignement extraordinaire pour notre époque.
Nous vivons à une époque où beaucoup de personnes connaissent les mots chrétiens, les concepts théologiques, les débats et même les controverses ecclésiales.
Mais saint François nous oblige à formuler une question beaucoup plus simple :
Est-ce que je vis réellement ce que je dis croire ?
4. La pauvreté de François : bien plus que vivre avec peu
Probablement aucun aspect de la vie de saint François n’a été autant mal compris que sa pauvreté.
François n’était pas simplement un homme qui possédait peu de choses.
La pauvreté franciscaine avait une dimension profondément christologique.
François voulait ressembler au Christ.
Et le Christ, étant riche, s’est fait pauvre pour nous.
Saint Paul l’exprime d’une manière extraordinairement profonde :
« Vous connaissez en effet la grâce de notre Seigneur Jésus Christ : pour vous, de riche qu’il était, il s’est fait pauvre, afin que par sa pauvreté vous deveniez riches. »
2 Corinthiens 8,9
La pauvreté de François naît donc de l’Incarnation.
Dieu s’est fait homme.
Le Verbe éternel a assumé notre nature.
Le Fils de Dieu a voulu entrer dans notre pauvreté humaine.
François voulut répondre à cet amour par une vie de détachement.
C’est pourquoi sa pauvreté n’était pas un mépris de la matière.
Ce n’était pas non plus une haine des richesses.
Et cela ne signifiait encore moins que la pauvreté matérielle soit automatiquement une vertu indépendamment de la charité.
La pauvreté chrétienne signifie fondamentalement ne pas faire des biens créés notre dieu.
5. La pauvreté comme liberté
Cet enseignement est extrêmement actuel.
Notre époque possède une quantité de biens matériels que François n’aurait jamais pu imaginer.
Nous avons davantage d’objets.
Davantage d’informations.
Davantage de divertissements.
Davantage de possibilités.
Davantage de possibilités de voyager.
Davantage de technologie.
Davantage de moyens de communication.
Et pourtant, l’homme contemporain peut se retrouver intérieurement esclave.
Il peut être esclave de l’approbation.
De l’argent.
Du téléphone.
Des réseaux sociaux.
De l’image.
De la consommation.
Du divertissement.
Du désir constant d’acheter quelque chose de nouveau.
Saint François pose une question dérangeante :
Est-ce nous qui possédons les choses, ou sont-ce les choses qui nous possèdent ?
La véritable pauvreté chrétienne ne consiste pas nécessairement à vivre sans rien.
Elle consiste à pouvoir dire :
« Tout ce que je possède vient de Dieu et doit être ordonné vers Dieu. »
6. La rencontre avec les lépreux : aimer le Christ dans celui qui est dans le besoin
François découvrit quelque chose d’essentiel :
Le Christ se rencontre aussi dans le pauvre, le malade, le marginalisé.
Mais il faut comprendre correctement cette affirmation.
François n’aimait pas le pauvre simplement parce qu’il était pauvre.
Il l’aimait parce qu’il voyait en lui une personne créée par Dieu et appelée au salut.
La dignité de l’homme ne dépend pas de son utilité économique.
Elle ne dépend pas de son intelligence.
Elle ne dépend pas de sa beauté.
Elle ne dépend pas de sa productivité.
Elle ne dépend pas de son statut social.
La dignité humaine procède, en définitive, de Dieu.
C’est pourquoi la charité franciscaine ne peut être réduite à la philanthropie.
La philanthropie peut donner de la nourriture.
La charité chrétienne donne de la nourriture, mais elle reconnaît en outre dans celui qui est dans le besoin un frère.
Elle peut donner de l’argent.
Mais elle regarde aussi dans les yeux.
Elle peut construire des institutions.
Mais elle touche aussi la blessure.
Elle peut défendre les droits.
Mais elle annonce également la dignité éternelle de la personne.
7. Saint François et le Christ crucifié
Si nous voulons comprendre François, nous devons regarder le Crucifié.
Pas le François sentimental.
Pas le François transformé en symbole culturel.
Pas le François réduit au protecteur des animaux.
Le François amoureux du Christ crucifié.
En 1224, sur le mont Alverne, François reçut les stigmates.
Benoît XVI expliqua que cet événement exprimait son intime identification au Christ crucifié.
Les stigmates ne constituent pas simplement un phénomène extraordinaire.
Théologiquement, ils doivent être contemplés dans le mystère de la configuration au Christ.
Saint Paul écrit :
« Avec le Christ, je suis crucifié ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. »
Galates 2,20
François voulut rendre ces paroles réelles.
Il ne prétendait pas simplement imiter extérieurement certains aspects de Jésus.
Il voulait que toute son existence soit configurée au Christ.
8. Les stigmates : une vie configurée au Christ
Nous trouvons ici un profond enseignement spirituel.
Tous les chrétiens sont appelés à se configurer au Christ.
Mais cette configuration passe par la Croix.
Il n’y a pas de véritable sainteté sans conversion.
Il n’y a pas de conversion sans renoncement.
Il n’y a pas de charité parfaite sans sacrifice.
Il n’y a pas de Résurrection sans Croix.
C’est pourquoi la spiritualité de François n’est pas une spiritualité superficiellement joyeuse.
Sa joie naît de ce qu’il a trouvé le Christ.
Et c’est précisément pour cela qu’elle peut exister même au milieu de la souffrance.
La joie chrétienne ne signifie pas que nous ne souffrons jamais.
Elle signifie que la souffrance n’a plus le dernier mot.
Le dernier mot appartient au Christ.
9. « La joie parfaite »
L’un des grands trésors de la spiritualité franciscaine est l’enseignement sur la joie parfaite.
François explique à ses frères que la véritable joie ne dépend pas des circonstances extérieures.
Nous pouvons avoir du succès et ne pas être heureux.
Nous pouvons avoir de l’argent et ne pas avoir la paix.
Nous pouvons être reconnus et nous sentir profondément vides.
Nous pouvons posséder beaucoup de choses et manquer de Dieu.
La joie parfaite a un autre fondement :
Le Christ.
C’est pourquoi François pouvait accepter les incompréhensions, les difficultés, les humiliations et les souffrances sans abandonner l’espérance.
La joie chrétienne n’est pas de la naïveté.
Elle est le fruit de la charité.
10. Saint François et l’humilité
François comprit quelque chose que notre culture éprouve d’énormes difficultés à accepter :
nous ne sommes pas Dieu.
Cela semble être une affirmation évidente.
Et pourtant, une grande partie de la culture contemporaine est construite autour de l’autonomie absolue de l’individu.
« Je décide. »
« Je détermine. »
« Je suis la mesure. »
« J’établis ma vérité. »
L’Évangile propose quelque chose de complètement différent.
L’homme est une créature.
Dieu est le Créateur.
L’homme reçoit.
Dieu donne.
L’homme dépend.
Dieu est absolu.
Cette dépendance ne constitue pas une humiliation de l’homme.
Au contraire.
Reconnaître que nous sommes des créatures, c’est retrouver notre véritable dignité.
L’humilité franciscaine ne consiste pas à penser que nous ne valons rien.
Elle consiste à savoir que tout le bien que nous avons, nous l’avons reçu.
11. « Bienheureux les pauvres »
Jésus proclame :
« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! »
Luc 6,20
Cette phrase ne doit pas être interprétée comme une glorification de la misère.
L’Église n’enseigne pas que la pauvreté matérielle soit bonne en tant que souffrance.
Le chrétien doit combattre la misère, l’injustice et l’exclusion.
Mais Jésus révèle quelque chose de beaucoup plus profond :
le cœur qui reconnaît sa dépendance envers Dieu est préparé à recevoir le Royaume.
François comprit radicalement cet enseignement.
Sa pauvreté était une forme de disponibilité.
Parce qu’il ne vivait pas centré sur la possession, il pouvait se donner.
Parce qu’il n’était pas préoccupé d’accumuler, il pouvait partager.
Parce qu’il ne recherchait pas le prestige, il pouvait servir.
12. Saint François et l’Église
Ce point mérite une attention particulière.
Parfois, François a été présenté comme une sorte de révolutionnaire opposé à l’Église institutionnelle.
Ce ne fut pas le cas.
François a profondément aimé l’Église.
Il a aimé les sacrements.
Il a aimé le sacerdoce.
Il a aimé le pape.
Il a aimé la prédication.
Il a aimé la liturgie.
Et il voulut que son mouvement demeure au sein de l’Église.
Sa réforme ne consista pas à dire :
« L’Église a tort et moi j’ai une meilleure Église. »
Elle consista à dire :
« J’ai besoin de me convertir et de vivre l’Évangile. »
Nous trouvons ici une immense leçon pastorale.
L’Église a constamment besoin de renouveau.
Mais le renouveau authentiquement catholique ne consiste pas à inventer un autre christianisme.
Il consiste à revenir au Christ.
13. Saint François et l’Eucharistie
La spiritualité franciscaine est profondément eucharistique.
François contemplait avec une immense révérence le mystère du Christ rendu présent dans l’Eucharistie.
Son admiration devant l’Incarnation se prolongeait dans son admiration devant le Sacrement.
Le même Christ qui a pris chair à Bethléem est réellement présent sous les espèces sacramentelles.
C’est pourquoi François exhortait les prêtres et les fidèles à traiter le Saint-Sacrement avec une immense révérence.
Nous trouvons ici une correction importante à l’égard d’une spiritualité réduite à la nature.
Le centre de François n’était pas la nature.
Le centre était le Christ.
Et le Christ est véritablement présent dans l’Eucharistie.
La création conduit au Créateur.
La pauvreté conduit au Christ.
La fraternité conduit au Christ.
La charité conduit au Christ.
La prière conduit au Christ.
Et l’Eucharistie nous introduit sacramentellement dans le mystère du Christ.
14. Saint François et la Vierge Marie
François avait une profonde dévotion envers la Très Sainte Vierge.
La Portioncule, lieu décisif de sa vie, était dédiée à Sainte-Marie-des-Anges.
François voyait en Marie le modèle parfait de la créature totalement disponible à Dieu.
Marie avait dit :
« Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Luc 1,38
François voulut vivre cette même disponibilité.
Ne pas se mettre avant Dieu.
Ne pas imposer sa volonté.
Ne pas rechercher sa propre gloire.
Mais dire :
« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »
Cela devrait également être l’une des questions fondamentales de tout chrétien.
15. Saint François et sainte Claire
L’histoire de François ne peut être pleinement comprise sans sainte Claire d’Assise.
Claire naquit elle aussi à Assise, dans une famille noble, mais elle fut profondément touchée par la prédication et l’exemple de François.
Elle renonça à une vie aisée et commença un chemin de consécration à Dieu.
De cette expérience naquit le Second Ordre franciscain, les Pauvres Dames, connues ensuite sous le nom de Clarisses.
La relation spirituelle entre François et Claire constitue l’un des plus beaux exemples de la manière dont un charisme peut susciter différentes formes de vocation.
Il ne s’agissait pas de copier mécaniquement une vie.
Il s’agissait de répondre au même Christ à partir de vocations différentes.
16. Les franciscains et l’évangélisation
Le mouvement franciscain eut une immense importance dans l’évangélisation de l’Europe et, par la suite, du monde.
Les frères furent envoyés prêcher.
Mais la prédication franciscaine ne devait pas se réduire à des discours.
La vie elle-même devait devenir une annonce.
C’est une question extraordinairement actuelle.
Le monde contemporain n’a pas seulement besoin de chrétiens capables de discuter.
Il a besoin de chrétiens capables de vivre.
Des personnes qui prient.
Des personnes qui servent.
Des personnes qui pardonnent.
Des personnes honnêtes.
Des personnes qui aiment leur famille.
Des personnes qui savent se sacrifier.
Des personnes qui savent demander pardon.
Des personnes qui vivent leur foi sans honte.
La sainteté est aussi une forme d’évangélisation.
17. Saint François, la paix et le célèbre « Paix et bien »
François est profondément associé à la paix.
Mais il faut ici faire une précision théologique importante.
La paix franciscaine n’est pas simplement l’absence de conflits.
Ce n’est pas non plus une sorte d’harmonie cosmique.
Encore moins une conception panthéiste selon laquelle Dieu et la nature seraient une seule et même réalité.
La paix de François est la paix du Christ.
Le Christ a dit :
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. »
Jean 14,27
C’est cette paix que François voulut recevoir.
Et c’est cette paix dont nous avons nous aussi besoin.
18. La paix intérieure avant la paix extérieure
Il est impossible de construire une véritable paix sociale si le cœur humain est dominé par la haine, l’orgueil, l’avidité et le ressentiment.
La paix commence à l’intérieur.
Mais elle ne s’arrête pas à l’intérieur.
Le chrétien pacifié devient artisan de paix.
C’est pourquoi François ne se contente pas de demander qu’il n’y ait pas de guerres.
Il nous invite à nous demander :
Suis-je moi-même une cause de paix ?
Dans ma famille ?
Dans mon mariage ?
Dans mon travail ?
Dans ma paroisse ?
Sur Internet ?
Sur les réseaux sociaux ?
Dans les discussions politiques ?
Dans les discussions religieuses ?
Dans les conversations avec ceux qui pensent différemment ?
Il peut être relativement facile de parler de paix dans l’abstrait.
Il est beaucoup plus difficile de retenir une parole blessante.
De pardonner.
De ne pas rendre une offense.
De reconnaître une erreur.
De demander pardon.
De renoncer à toujours avoir le dernier mot.
C’est là que commence la véritable paix chrétienne.
19. Saint François et la création
Nous arrivons ici à l’un des aspects pour lesquels François est le plus connu aujourd’hui.
Le saint d’Assise contemplait la création avec un profond émerveillement.
Le soleil.
La lune.
L’eau.
Le feu.
La terre.
Les animaux.
Tout pouvait devenir pour lui une occasion de louer le Créateur.
Mais il est fondamental de comprendre correctement cette spiritualité.
François n’adorait pas la nature.
Il adorait Dieu.
La nature était créature.
Dieu était le Créateur.
C’est précisément parce qu’il aimait le Créateur qu’il pouvait contempler les créatures avec gratitude.
Ce point est théologiquement décisif.
La foi catholique rejette aussi bien le mépris de la création que sa divinisation.
Ni matérialisme.
Ni panthéisme.
Création.
Dieu est Dieu.
La créature est créature.
Et précisément parce qu’elle procède de Dieu, elle possède une dignité et un ordre qui méritent respect.
20. Le Cantique des Créatures
François exprima cette vision surtout dans le célèbre Cantique des Créatures.
« Laudato si’, mi’ Signore ».
« Loué sois-tu, mon Seigneur ».
Il ne commence pas par dire :
« Louée soit la nature ».
Il commence par louer Dieu.
Cette différence change tout.
L’univers n’est pas Dieu.
Le soleil n’est pas Dieu.
La terre n’est pas Dieu.
Les animaux ne sont pas Dieu.
L’homme non plus n’est pas Dieu.
Tout procède de Dieu.
Et tout devrait conduire à Dieu.
C’est pourquoi la création peut devenir une véritable école de contemplation.
21. Saint François et l’écologie intégrale
Ces dernières années, la figure de François a acquis encore davantage de pertinence en raison de la question écologique.
L’encyclique Laudato si’ a explicitement présenté saint François comme modèle du soin de la création, en reliant ce soin à l’attention envers les pauvres, la paix, la justice et la sobriété.
Et ce lien est important.
La spiritualité franciscaine ne propose pas simplement :
« Il faut protéger les arbres. »
Sa vision est plus profonde.
Elle demande :
Quel type d’homme sommes-nous en train de construire ?
Car une personne dominée par l’avidité peut détruire la nature.
Mais elle peut également détruire les relations humaines.
Elle peut exploiter les travailleurs.
Elle peut mépriser les personnes âgées.
Elle peut utiliser les autres comme des instruments.
Elle peut transformer toute chose en marchandise.
C’est pourquoi le problème écologique possède également une racine spirituelle.
22. « Moins, c’est plus »
Nous trouvons ici l’un des enseignements franciscains les plus nécessaires à notre époque.
Nous n’avons pas nécessairement besoin de plus.
Nous devons apprendre à avoir besoin de moins.
La sobriété chrétienne n’est pas la tristesse.
C’est la liberté.
Une personne qui ressent constamment le besoin d’acheter, de mettre à jour, de consommer, d’accumuler ou de montrer peut devenir esclave de ses propres désirs.
François montre un autre chemin :
recevoir, remercier, utiliser, partager et se détacher.
La vie ne se mesure pas à la quantité de choses que nous possédons.
Elle se mesure à l’amour avec lequel nous vivons.
23. Saint François face à la culture du déchet
Notre société risque de valoriser les personnes en fonction de leur utilité.
Tant que tu es productif, tu es important.
Lorsque tu vieillis, tu peux devenir un fardeau.
Lorsque tu es malade, tu peux être considéré comme un problème.
Lorsque tu es pauvre, tu peux être invisible.
Lorsque tu ne produis pas, tu peux être rejeté.
Le regard de François est radicalement différent.
Le lépreux n’est pas un objet.
Le pauvre n’est pas une nuisance.
Le malade n’est pas un fardeau.
La personne âgée n’est pas inutile.
L’être humain possède une dignité qui ne provient pas de ce qu’il produit.
Elle vient de Dieu.
C’est pourquoi la charité chrétienne doit commencer précisément là où s’arrête la logique utilitariste.
24. Saint François et la mort
Peut-être l’un des aspects les plus impressionnants de sa vie est-il son rapport à la mort.
François appela la mort :
« sœur mort corporelle ».
Cela peut sembler étrange dans une culture qui cherche à éviter jusqu’à prononcer le mot.
Mais François ne considérait pas la mort comme une défaite absolue.
Il la contemplait à partir du Christ.
Le chrétien ne croit pas en la mort comme destination ultime.
Il croit en la Résurrection.
Saint Paul écrit :
« Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. »
Romains 6,8
François mourut le 3 octobre 1226 à la Portioncule.
Il mourut étendu sur la terre nue, après avoir béni ses frères.
Sa mort reçut dans la tradition franciscaine le nom de Transitus, le Passage.
Pas simplement « mort ».
Passage.
Traversée.
Entrée dans la vie éternelle.
25. Quand célèbre-t-on saint François d’Assise ?
La fête liturgique de saint François d’Assise est célébrée le 4 octobre.
Son transitus eut lieu dans la soirée du 3 octobre 1226, tandis que la célébration liturgique de sa fête correspond au jour suivant.
La tradition franciscaine conserve tout particulièrement la célébration du Transitus de saint François le 3 octobre et sa fête le 4.
Ainsi :
3 octobre : Transitus de saint François.
4 octobre : Fête de saint François d’Assise.
Le calendrier liturgique place ainsi la mémoire du saint immédiatement après la contemplation de son entrée dans la vie éternelle.
C’est profondément significatif.
L’Église ne célèbre pas simplement la biographie d’un homme admirable.
Elle célèbre un chrétien qui a achevé son pèlerinage terrestre et qui a atteint, par la grâce de Dieu, la patrie céleste.
26. La signification spirituelle du 4 octobre
Le 4 octobre ne devrait pas être seulement une date pour souhaiter une bonne fête à ceux qui s’appellent François.
Il ne devrait pas non plus devenir uniquement la journée des animaux.
C’est une occasion de contempler l’une des grandes questions chrétiennes :
Que signifie suivre Jésus-Christ ?
François répond :
Pauvreté.
Humilité.
Pénitence.
Prière.
Charité.
Eucharistie.
Fraternité.
Évangélisation.
Croix.
Joie.
Paix.
Détachement.
Amour de Dieu.
Amour du prochain.
Et espérance de la vie éternelle.
27. 2026 : le VIIIe Centenaire du transitus de saint François
Cette année 2026 revêt une importance extraordinaire.
Cela fait 800 ans que saint François d’Assise est passé de cette vie à l’éternité.
Le Saint-Siège a établi une Année jubilaire spéciale du 10 janvier 2026 au 10 janvier 2027, à l’occasion du VIIIe Centenaire. Le Pénitencier apostolique a également accordé l’indulgence plénière correspondante sous les conditions établies.
Il ne s’agit pas d’une simple commémoration historique.
L’Église propose de regarder à nouveau François afin de retrouver quelque chose d’essentiel :
l’Évangile vécu avec radicalité.
Le pape Léon XIV, en ouvrant ce centenaire, a rappelé que François avait trouvé dans le Christ la source de la véritable paix et l’a présenté comme un témoin de réconciliation et de concorde dans un monde marqué par les conflits et les divisions.
Ainsi, ce VIIIe Centenaire constitue une magnifique occasion de redécouvrir le saint.
Non seulement pour l’admirer.
Mais pour l’imiter.
28. Une indulgence n’est pas une « récompense » pour avoir visité un lieu
Dans ce contexte, il convient d’expliquer quelque chose d’important selon la doctrine catholique.
L’indulgence ne signifie pas que nous pouvons « acheter » le pardon de Dieu.
Le péché grave nécessite la grâce de Dieu et, lorsque cela est requis, l’absolution sacramentelle dans le sacrement de Pénitence.
L’indulgence concerne la remise devant Dieu de la peine temporelle due aux péchés dont la culpabilité a déjà été pardonnée, conformément à la doctrine de l’Église.
Le décret du Pénitencier apostolique pour cette Année de saint François accorde l’indulgence plénière aux conditions habituelles, notamment la confession sacramentelle, la communion eucharistique et la prière aux intentions du Saint-Père, ainsi que les œuvres indiquées pour ce jubilé.
C’est donc une occasion de grâce.
Mais elle exige la conversion.
29. Que peut m’enseigner saint François aujourd’hui ?
Nous arrivons ici à la question fondamentale.
Car nous pouvons étudier François pendant des heures et ne rien changer du tout.
La question n’est pas seulement :
« Qu’a fait François ? »
La question est :
« Que veut Dieu que je fasse après avoir connu sa vie ? »
Premier enseignement : reviens au Christ
François n’a pas commencé par réformer le monde.
Il a commencé par laisser le Christ réformer son cœur.
La sainteté commence toujours là.
Avant de changer les autres, nous devons permettre à Dieu de nous changer.
Deuxième enseignement : retrouve la prière
François fut un homme de prière.
Nous vivons entourés de bruit.
Écrans.
Actualités.
Messages.
Réseaux sociaux.
Opinions.
Vidéos.
Discussions.
Informations.
Mais l’âme a besoin de silence.
Un chrétien qui ne reste jamais seul devant Dieu aura difficilement accès à une connaissance profonde de la volonté de Dieu.
Retrouvons le silence.
Retrouvons l’adoration.
Retrouvons la prière personnelle.
Retrouvons le Rosaire.
Retrouvons la méditation de l’Évangile.
Retrouvons la confession.
Retrouvons l’Eucharistie.
Troisième enseignement : apprends à te détacher
Il n’est pas nécessaire d’abandonner immédiatement tous nos biens.
Mais nous devons nous demander :
De quoi suis-je esclave ?
Qu’est-ce que je ne suis pas disposé à remettre à Dieu ?
Quelle chose occupe trop de place dans mon cœur ?
Quelle possession, habitude, ambition ou besoin de reconnaissance domine ma vie ?
François nous enseigne que la liberté commence lorsque nous cessons d’avoir besoin de tant de choses pour nous sentir quelqu’un.
Quatrième enseignement : regarde le pauvre
Ne passe pas ton chemin.
Ne réduis pas celui qui est dans le besoin à un chiffre.
Regarde-le.
Écoute-le.
Aide-le.
Et, lorsque cela est possible, établis avec lui une véritable relation humaine.
La charité ne consiste pas seulement à donner.
C’est aimer.
Cinquième enseignement : fais la paix
C’est peut-être l’un des enseignements les plus difficiles.
Pense à quelqu’un avec qui tu es en conflit.
À quelqu’un que tu ne pardonnes pas.
À quelqu’un qui t’a fait du mal.
À quelqu’un à qui tu as fait du mal.
Demande à Dieu :
« Seigneur, que puis-je faire pour que la réconciliation commence ? »
Il peut être nécessaire de parler.
Il peut être nécessaire de demander pardon.
Il peut être nécessaire de pardonner.
Il peut être nécessaire de garder le silence pendant un certain temps.
Mais le chrétien ne peut pas aimer la guerre intérieure.
30. Nous devons également apprendre de son amour pour la création
Nous pouvons retrouver quelque chose d’aussi simple que l’action de rendre grâce.
Rendre grâce pour l’eau.
Pour la nourriture.
Pour le soleil.
Pour la pluie.
Pour la campagne.
Pour les animaux.
Pour une conversation.
Pour une famille.
Pour la vie.
Mais surtout :
rendre grâce à Dieu.
Car le chrétien ne s’arrête pas à la créature.
Il s’élève de la créature vers le Créateur.
Comme le rappelle l’Écriture :
« Depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, sont manifestées aux intelligences par ses œuvres. »
Romains 1,20
La création peut ainsi devenir une catéchèse silencieuse.
31. Saint François ne fut pas un sentimental
Ce point mérite d’être souligné.
François a parfois été transformé en une figure aimable, sympathique et presque enfantine.
Le saint qui parlait aux oiseaux.
Le saint qui aimait les animaux.
L’homme souriant qui aimait la nature.
Tout cela est séduisant.
Mais c’est incomplet.
Le véritable François fut beaucoup plus radical.
Il fut un pénitent.
Un homme de jeûne.
Un homme de prière.
Un homme qui embrassa les lépreux.
Un homme qui renonça aux richesses.
Un homme marqué par la Croix.
Un homme qui reçut les stigmates.
Un homme qui souffrit.
Un homme qui prêcha la conversion.
Un homme qui voulut obéir à l’Église.
Un homme qui désira imiter le Christ jusqu’à l’extrême.
C’est pourquoi nous ne devons pas apprivoiser François.
Le véritable François nous dérange.
Parce qu’il nous demande ce que nous sommes prêts à abandonner pour le Christ.
32. Le François dont le monde actuel a besoin
Nous vivons dans une société technologiquement avancée mais spirituellement désorientée.
Nous disposons d’outils extraordinaires, mais nous ne savons pas toujours pour quoi vivre.
Nous pouvons communiquer instantanément avec quelqu’un situé à l’autre bout de la planète et, en même temps, nous sentir incapables de parler avec la personne qui se trouve à côté de nous.
Nous pouvons stocker des quantités immenses d’informations et, pourtant, ne pas savoir répondre aux questions fondamentales :
Qui suis-je ?
Pourquoi est-ce que j’existe ?
Pour quoi est-ce que je vis ?
Qu’est-ce que le bien ?
Qu’est-ce que la vérité ?
Que se passe-t-il après la mort ?
François offre une réponse extraordinairement simple :
Dieu.
Dieu est le principe.
Dieu est la fin.
Le Christ est le chemin.
L’Église est la famille spirituelle.
La charité est la manière de vivre.
La Croix est le chemin.
La Résurrection est l’espérance.
33. L’authentique « révolution » de saint François
François fut révolutionnaire, mais pas au sens idéologique moderne.
Sa révolution consista en quelque chose de beaucoup plus profond :
prendre l’Évangile au sérieux.
Dans un monde obsédé par la possession, il choisit la pauvreté.
Dans un monde obsédé par le prestige, il choisit l’humilité.
Dans un monde marqué par la violence, il annonça la paix.
Dans un monde qui rejetait le lépreux, il l’embrassa.
Dans un monde centré sur le pouvoir, il choisit de servir.
Dans un monde dominé par la préoccupation du lendemain, il fit confiance à la Providence.
Dans un monde qui pouvait transformer la religion en une question sociale, il plaça le Christ au centre.
Cela demeure révolutionnaire.
34. Que signifie réellement être « franciscain » ?
Ce n’est pas simplement aimer les animaux.
Ce n’est pas simplement s’habiller pauvrement.
Ce n’est pas simplement défendre l’environnement.
Ce n’est pas simplement parler de paix.
Ce n’est pas simplement travailler avec des personnes dans le besoin.
Tout cela peut faire partie d’une authentique spiritualité franciscaine.
Mais le fondement est autre :
suivre le Christ pauvre, humble, crucifié et ressuscité.
Si nous retirons le Christ, il reste une esthétique.
Si nous retirons l’Évangile, il reste une idéologie.
Si nous retirons l’Église, il reste un mouvement culturel.
Si nous retirons la Croix, il reste du sentimentalisme.
Mais lorsque le Christ demeure au centre, tout acquiert sa véritable signification.
35. Une prière inspirée de saint François
En ce jour, nous pouvons faire une prière très simple :
« Seigneur Jésus-Christ,
rends mon cœur pauvre et libre.
Apprends-moi à ne pas vivre esclave des choses.
Donne-moi l’humilité de reconnaître mes péchés.
Donne-moi la force de me convertir.
Donne-moi la charité pour servir les pauvres.
Donne-moi la patience pour pardonner.
Donne-moi le courage de demander pardon.
Donne-moi l’amour de ton Église.
Donne-moi la révérence devant l’Eucharistie.
Donne-moi l’amour de la Très Sainte Vierge.
Donne-moi le respect et la gratitude pour ta création.
Fais de moi un instrument de ta paix.
Et lorsque mon heure viendra,
accorde-moi d’accueillir la mort
non comme une défaite,
mais comme le passage vers Toi.
Par l’intercession de saint François d’Assise,
accorde-moi de vivre l’Évangile
avec humilité, joie et fidélité.
Amen. »
36. Conclusion : revenir à l’essentiel
Saint François d’Assise est mort il y a huit cents ans.
Mais il n’appartient pas au passé.
Il appartient à l’Église de tous les temps.
Sa vie continue à nous parler parce que l’Évangile qu’il voulut vivre n’a pas vieilli.
Le Christ continue à dire :
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
Matthieu 19,21
Nous ne sommes pas tous appelés à reproduire matériellement la vie de François.
Nous ne sommes pas tous appelés à entrer dans un ordre religieux.
Nous ne sommes pas tous appelés à vivre dans un ermitage.
Nous ne sommes pas tous appelés à abandonner nos professions, nos familles ou nos responsabilités.
Mais nous sommes tous appelés à écouter la voix du Christ.
Nous sommes tous appelés à la sainteté.
Nous sommes tous appelés à la conversion.
Nous sommes tous appelés à aimer.
Nous sommes tous appelés à nous détacher de ce qui nous sépare de Dieu.
Nous sommes tous appelés à porter notre croix.
Nous sommes tous appelés à rechercher la paix.
Nous sommes tous appelés à vivre dans l’Église.
Et nous sommes tous appelés à achever notre chemin avec l’espérance placée dans la vie éternelle.
François comprit que la grandeur du chrétien ne consiste pas à être important aux yeux des hommes.
Elle consiste à appartenir entièrement à Dieu.
C’est pourquoi il demeure actuel.
C’est pourquoi il demeure dérangeant.
C’est pourquoi il demeure nécessaire.
Et c’est pourquoi, huit cents ans après son transitus, l’Église nous invite à nouveau à tourner nos regards vers lui.
Non pas pour que nous admirions simplement le saint.
Mais pour que nous apprenions de lui à regarder le Christ.
Car, au fond, telle fut toute la vie de François :
tout abandonner pour trouver le Christ, et trouver dans le Christ la véritable richesse.
Et peut-être est-ce également la question qui devrait continuer à résonner dans notre cœur en ce 4 octobre :
Que devrais-je abandonner, moi, pour suivre plus fidèlement Jésus-Christ ?
Saint François d’Assise,
priez pour nous.
Saint François, pauvre et humble,
priez pour nous.
Saint François, amoureux du Christ crucifié,
priez pour nous.
Saint François, amoureux de l’Église,
priez pour nous.
Saint François, frère des pauvres,
priez pour nous.
Saint François, instrument de la paix du Christ,
priez pour nous.
Saint François, modèle de pénitence et de conversion,
priez pour nous.
Saint François, témoin de la joie parfaite,
priez pour nous.
Saint François d’Assise,
priez pour nous et apprenez-nous à vivre l’Évangile.