Transhumanisme et orgueil de la technique : la réponse de l’anthropologie chrétienne

Nous vivons à une époque fascinée par la possibilité de transformer l’être humain. La médecine peut remplacer des organes, corriger des maladies héréditaires, implanter des dispositifs électroniques dans le corps, prolonger considérablement la vie et modifier certaines fonctions biologiques. L’intelligence artificielle commence à s’intégrer à des activités qui, jusqu’à récemment, semblaient exclusivement humaines. Le génie génétique permet d’intervenir sur l’ADN. Les neurotechnologies cherchent à connecter le cerveau aux machines. La robotique développe des prothèses toujours plus sophistiquées. Et certains chercheurs, philosophes et entrepreneurs commencent même à parler de dépasser les limites biologiques de notre espèce.

Dans ce contexte est apparu un courant de pensée connu sous le nom de transhumanisme.

De manière générale, le transhumanisme soutient que l’être humain ne doit pas nécessairement accepter passivement ses limites biologiques actuelles. Le vieillissement, la maladie, certains handicaps, la dégradation du corps et même, dans certaines de ses versions les plus radicales, la mort, sont considérés comme des problèmes qui pourraient potentiellement être résolus grâce à la science et à la technologie.

À première vue, certaines de ces aspirations peuvent sembler profondément humaines. Qui pourrait être opposé à la guérison d’une maladie ? Qui souhaiterait volontairement conserver un handicap qui peut être traité ? Qui ne serait pas reconnaissant envers une médecine capable de soulager la douleur ?

L’Église catholique n’est pas opposée à la science, à la médecine ou au progrès technologique. Au contraire : la tradition chrétienne a toujours reconnu la valeur de l’intelligence humaine et sa capacité à connaître, ordonner et transformer le monde.

Le problème apparaît lorsque la technologie cesse d’être considérée comme un instrument au service de la personne et commence à devenir une philosophie de ce qu’est l’homme et de ce qu’il devrait devenir.

Alors, la question n’est plus seulement scientifique.

Elle devient une question anthropologique.

Et, en définitive, une question théologique.

Car derrière la question : « Que pouvons-nous faire de l’être humain ? » se cache une autre question, beaucoup plus profonde :

« Qui est l’être humain ? »

Et derrière celle-ci apparaît une question encore plus radicale :

« Qui a l’autorité de décider de ce que l’homme doit être ? »

La réponse chrétienne commence précisément ici : l’homme ne s’est pas créé lui-même.

Il est une créature.

Et être une créature ne signifie pas être inférieur, méprisable ou incapable. Cela signifie que notre existence est un don reçu de Dieu, que notre nature possède un ordre objectif et que notre perfection ne consiste pas à nous transformer en nos propres dieux.

1. Le grand problème du transhumanisme : toute limite n’est pas une injustice

L’une des intuitions fondamentales du transhumanisme consiste à interpréter de nombreuses limites humaines comme des défauts qu’il faudrait éliminer.

Certaines limitations sont effectivement les conséquences du péché, de la maladie ou du désordre présent dans un monde déchu. Les combattre constitue une œuvre profondément humaine et compatible avec la foi chrétienne.

Mais ici apparaît une distinction décisive.

Toute limitation humaine n’est pas nécessairement un défaut qu’il faut éliminer.

L’homme est limité parce qu’il est une créature.

Nous ne sommes pas omniscients.

Nous ne sommes pas tout-puissants.

Nous ne sommes pas immortels par nature.

Nous ne pouvons pas être partout simultanément.

Nous ne pouvons pas contrôler complètement notre corps.

Nous ne pouvons pas empêcher toutes les maladies.

Nous ne pouvons pas empêcher indéfiniment le vieillissement.

Nous ne pouvons pas échapper à la mort par nos propres forces.

Ces caractéristiques ne sont pas nécessairement des accidents que la technologie devrait éliminer.

Certaines appartiennent précisément à notre condition de créatures.

Le christianisme commence par reconnaître une vérité que la mentalité moderne trouve difficile à accepter :

l’homme n’est pas Dieu.

Le livre de la Genèse présente cette vérité dès les premières pages de l’Écriture. Dieu crée l’homme, non comme un être autonome et autosuffisant, mais comme une créature dépendante de son Créateur.

« Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance” » (Gn 1, 26).

L’homme possède une dignité extraordinaire parce qu’il a été créé à l’image de Dieu.

Mais précisément pour cette raison, sa dignité ne vient pas du fait qu’il se serait fabriqué lui-même.

Nous sommes dignes parce que Dieu l’a voulu.

C’est ici qu’apparaît une différence fondamentale entre l’anthropologie chrétienne et certaines versions du transhumanisme.

Pour le christianisme, la dignité précède notre capacité technique.

Pour certains courants transhumanistes, cependant, il existe le risque que la dignité finisse par être liée à la capacité de modifier, d’améliorer ou d’augmenter nos facultés.

Et alors surgit une question inquiétante :

Qu’adviendra-t-il de la personne qui ne peut pas s’améliorer ?

Si la société commence à valoriser les êtres humains selon leur capacité cognitive, leur performance biologique, leur longévité, leur capacité productive ou leur degré d’amélioration technologique, l’être humain vulnérable pourrait finir par être considéré comme un être inférieur.

La personne âgée.

La personne malade.

La personne handicapée.

L’embryon.

Le pauvre.

La personne qui ne peut pas se permettre certaines technologies.

La personne qui veut simplement rester telle qu’elle est.

La logique chrétienne fonctionne exactement à l’inverse.

La personne la plus faible ne possède pas moins de dignité.

Précisément parce que sa dignité ne dépend pas de sa performance.

2. De l’orgueil de Babel au rêve technologique contemporain

La tentation de dépasser les limites humaines par la connaissance et le pouvoir n’a pas commencé avec les ordinateurs, l’intelligence artificielle ou le génie génétique.

Elle est beaucoup plus ancienne.

Nous la trouvons symboliquement dans le récit de la tour de Babel :

« Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux » (Gn 11, 4).

Babel représente, entre autres choses, la prétention humaine à atteindre par ses propres forces ce qui appartient à Dieu.

Le problème n’est pas de construire.

Le problème n’est pas d’utiliser l’intelligence.

Le problème n’est pas de développer la technologie.

Le problème est de transformer la capacité technique en une forme d’autosuffisance spirituelle.

L’homme peut construire une tour.

Mais il ne peut pas se construire lui-même pour devenir Dieu.

Cette distinction est essentielle.

La Bible ne présente pas le travail humain comme quelque chose de mauvais. Dès la Genèse, l’homme reçoit la mission de cultiver et de prendre soin de la création. L’intelligence humaine participe véritablement, bien que de manière limitée, à l’ordonnancement providentiel du monde.

La technologie peut être bonne.

La médecine peut être bonne.

La chirurgie peut être bonne.

La recherche génétique peut être bonne.

L’intelligence artificielle peut avoir des applications bénéfiques.

La question morale ne consiste jamais simplement à demander :

« Pouvons-nous le faire ? »

La question correcte est :

« Devons-nous le faire ? »

Et plus profondément encore :

« Est-ce que cela respecte ce qu’est l’homme ? »

Car la possibilité technique ne crée pas automatiquement un droit moral.

Le fait que quelque chose puisse être réalisé ne signifie pas qu’il faille nécessairement le réaliser.

3. La technologie est un instrument ; elle ne peut pas devenir le maître

La tradition chrétienne considère la création comme quelque chose qui a été confié à l’homme.

L’homme reçoit l’intelligence pour connaître.

Il reçoit la volonté pour choisir.

Il reçoit des mains pour travailler.

Il reçoit la créativité pour construire.

Mais aucune de ces facultés ne fait de l’homme le propriétaire absolu de la réalité.

L’homme est un intendant.

Il n’est pas un maître absolu.

Cette distinction a des conséquences considérables.

Un médecin qui utilise une prothèse pour rendre sa mobilité à une personne utilise la technologie afin de restaurer une fonction corporelle.

Un chirurgien qui remplace une valve cardiaque traite une maladie.

Une thérapie génique qui corrige un trouble pathologique peut constituer une expression extraordinaire de la médecine.

Mais c’est tout autre chose de conclure :

« Puisque nous pouvons techniquement intervenir sur l’organisme humain, nous pouvons librement redessiner la nature humaine selon nos désirs. »

Un saut philosophique que l’anthropologie chrétienne ne peut accepter se produit alors.

Guérir n’est pas la même chose que redessiner.

Restaurer n’est pas la même chose que fabriquer.

Assister n’est pas la même chose que dominer.

Améliorer une fonction malade n’est pas nécessairement la même chose que créer une nouvelle nature humaine.

La médecine cherche traditionnellement à guérir les malades.

Le transhumanisme, dans ses versions les plus radicales, peut finalement aspirer à fabriquer un autre type d’être humain.

Et cette distinction est fondamentale.

4. Que signifie pour l’homme avoir une nature ?

L’anthropologie chrétienne affirme que l’être humain possède une nature.

Cette affirmation peut sembler étrange à une époque où nous entendons constamment parler d’identité, d’autonomie et d’autoconstruction.

Mais elle constitue l’un des fondements de la morale chrétienne.

L’homme n’est pas une matière absolument neutre sur laquelle chaque individu pourrait inscrire n’importe quel projet.

Nous ne sommes pas un produit fini que nous aurions fabriqué nous-mêmes.

Nous sommes une unité de corps et d’âme.

La tradition philosophique et théologique chrétienne, notamment à travers saint Thomas d’Aquin, enseigne que l’âme rationnelle est la forme du corps humain.

Par conséquent, le corps n’est pas simplement un récipient accidentel du « moi ».

Le corps appartient à ce que nous sommes.

Cela revêt une importance extraordinaire face à certaines conceptions contemporaines qui tendent à séparer radicalement l’identité personnelle du corps.

La vision chrétienne ne méprise pas le corps.

Bien au contraire.

Le corps fait partie de la personne.

Et précisément pour cette raison, il mérite le respect.

Mais respecter le corps ne signifie pas en faire un objet que l’on peut manipuler sans limites.

Le corps humain possède une structure et une finalité.

Il possède un ordre.

Et la morale chrétienne reconnaît qu’il existe une différence entre respecter cet ordre et chercher arbitrairement à l’abolir.

5. Le péché originel : la blessure que le transhumanisme ne peut pas réparer

Nous arrivons ici au cœur théologique de la question.

Pourquoi l’anthropologie chrétienne considère-t-elle comme insuffisant tout projet qui cherche à sauver l’homme uniquement par la technologie ?

Parce que le principal problème de l’homme n’est pas technologique.

Il est spirituel.

L’humanité n’a pas seulement besoin de meilleures machines.

Elle a besoin de rédemption.

Le livre de la Genèse présente précisément la chute sous le signe de la tentative d’autonomie vis-à-vis de Dieu :

« Vous serez comme des dieux » (Gn 3, 5).

Cette phrase constitue l’une des clés pour comprendre l’histoire humaine.

Le péché originel ne consiste pas simplement à manger un fruit interdit.

Il est une rébellion contre l’ordre établi par Dieu.

L’homme veut déterminer par lui-même le bien et le mal.

Il veut cesser de recevoir son existence comme un don.

Il veut devenir la mesure ultime de la réalité.

En d’autres termes :

il veut être autonome par rapport à Dieu.

Cette tentation demeure présente.

Et elle peut prendre des formes religieuses, politiques, philosophiques ou technologiques.

Le transhumanisme radical peut devenir une manifestation moderne d’une tentation ancienne : la recherche d’un salut construit par l’homme lui-même.

Autrefois, on recherchait l’immortalité à travers les mythes.

Puis à travers les philosophies.

Aujourd’hui, on peut la rechercher à travers la biotechnologie, l’intelligence artificielle, la cryonie, la manipulation génétique ou l’intégration entre le cerveau et la machine.

Le langage change.

La tentation demeure.

6. Le péché originel ne signifie pas que l’homme est mauvais par nature

Une précision importante est nécessaire ici.

La doctrine du péché originel n’enseigne pas que l’homme est une créature essentiellement mauvaise.

L’Église enseigne précisément le contraire.

Dieu a créé l’homme bon.

« Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 31).

Le péché originel a introduit une blessure profonde dans la nature humaine.

Il n’a pas complètement détruit la nature.

Mais il l’a laissée blessée.

L’intelligence s’est obscurcie.

La volonté s’est affaiblie.

Les passions se sont désordonnées.

L’inclination au péché demeure.

La mort est entrée dans la condition humaine.

C’est pourquoi l’homme fait l’expérience en lui-même d’une contradiction qu’aucune technologie ne peut complètement résoudre.

Saint Paul exprime cette expérience avec une force extraordinaire :

« Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas » (Rm 7, 19).

Nous pouvons développer des technologies extraordinaires et rester capables de haine.

Nous pouvons prolonger la vie et rester égoïstes.

Nous pouvons augmenter notre mémoire et rester orgueilleux.

Nous pouvons accroître nos capacités cognitives et rester incapables d’aimer correctement.

Nous pouvons fabriquer des machines toujours plus intelligentes et ne pas réussir à rendre le cœur humain plus saint.

Ici apparaît une vérité décisive :

le progrès technique n’est pas automatiquement synonyme de progrès moral.

7. L’homme peut changer beaucoup de choses sans changer son cœur

L’histoire moderne démontre ce paradoxe.

L’humanité a réalisé des progrès scientifiques extraordinaires.

Mais les connaissances scientifiques n’ont pas éliminé la guerre.

La technologie n’a pas éliminé l’injustice.

La communication instantanée n’a pas éliminé la solitude.

Les réseaux sociaux n’ont pas éliminé l’isolement.

La médecine avancée n’a pas éliminé la peur de la mort.

L’abondance matérielle n’a pas éliminé l’angoisse.

L’éducation n’a pas éliminé le mal.

Cela démontre que le problème humain ne peut pas être réduit à une question de capacités.

L’homme n’a pas seulement besoin de pouvoir faire davantage.

Il doit apprendre à mieux aimer.

Et cela change complètement la perspective.

Une personne peut posséder une mémoire extraordinaire et l’utiliser pour tromper.

Elle peut posséder une intelligence exceptionnelle et l’utiliser pour manipuler.

Elle peut posséder une force physique augmentée et l’utiliser pour dominer.

Elle peut posséder des outils technologiques extraordinaires et les utiliser pour détruire.

La question chrétienne n’est donc pas :

« Comment rendre l’homme plus puissant ? »

Mais :

« Comment rendre l’homme meilleur ? »

Et la réponse chrétienne n’est pas une technologie.

C’est la grâce.

8. La véritable transformation chrétienne

C’est particulièrement intéressant parce que le christianisme parle lui aussi d’une transformation radicale de l’homme.

Mais il ne s’agit pas de la transformation transhumaniste.

Saint Paul écrit :

« Soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence » (Rm 12, 2).

La transformation chrétienne commence à l’intérieur.

Elle ne consiste pas à remplacer le corps humain par une machine.

Elle consiste à permettre à la grâce de guérir et d’élever l’homme.

Elle ne cherche pas à fabriquer un « surhomme ».

Elle cherche à transformer le pécheur en saint.

La différence est immense.

Le transhumanisme cherche à dépasser la condition humaine par la puissance technique.

Le christianisme cherche à permettre à l’homme d’atteindre sa véritable plénitude par la grâce de Dieu.

Le transhumanisme peut rêver de dépasser la mort par la biologie.

Le christianisme annonce la résurrection de la chair.

Le transhumanisme peut rechercher une humanité technologiquement augmentée.

Le christianisme annonce une humanité rachetée et glorifiée.

Et ici nous rencontrons l’un des points les plus beaux de la foi chrétienne.

La réponse de Dieu au problème de l’homme n’est pas de détruire la nature humaine, mais de l’assumer, de la guérir et de l’élever.

9. L’Incarnation détruit la fausse opposition entre le corps et l’esprit

Le centre du christianisme est l’Incarnation.

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14).

Cette affirmation possède d’immenses conséquences anthropologiques.

Dieu ne sauve pas l’homme en méprisant son corps.

Le Fils de Dieu a assumé une véritable nature humaine.

Il est né.

Il a grandi.

Il a travaillé.

Il a ressenti la faim.

Il a ressenti la soif.

Il s’est fatigué.

Il a pleuré.

Il a souffert.

Il est mort.

Et Il est ressuscité corporellement.

La matière n’est pas mauvaise.

Le corps n’est pas une prison dont nous devrions nous échapper.

La création n’est pas une erreur qu’il faudrait corriger grâce à une technologie supérieure.

La création est bonne parce qu’elle vient de Dieu.

Mais elle est blessée par le péché et attend sa restauration définitive.

Ainsi, l’espérance chrétienne n’est pas d’abandonner le corps.

C’est la résurrection de la chair.

Le Credo ne dit pas simplement : « Je crois à l’immortalité de l’âme. »

La foi catholique professe :

« Je crois à la résurrection de la chair. »

Cette vérité est profondément contre-culturelle.

Le christianisme ne promet pas de nous transformer en êtres numériques.

Il ne promet pas une éternité fabriquée dans des laboratoires.

Il promet quelque chose d’infiniment plus grand :

que Dieu Lui-même ressuscitera l’homme.

10. La différence entre l’immortalité technologique et la vie éternelle

Ce point mérite une attention particulière.

Supposons, hypothétiquement, que la science puisse prolonger la vie humaine pendant des centaines d’années.

Ce serait extraordinaire.

Mais cela ne résoudrait pas le problème fondamental.

Parce qu’une vie prolongée indéfiniment ne serait toujours pas la vie éternelle chrétienne.

La vie éternelle ne consiste pas simplement à avoir davantage de temps.

Elle consiste à participer à la vie de Dieu.

Jésus-Christ dit :

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).

L’éternité chrétienne n’est pas simplement une durée infinie.

Elle est une communion avec Dieu.

Par conséquent, aucune technologie ne peut la produire.

Nous pouvons modifier des tissus.

Nous pouvons remplacer des organes.

Nous pouvons intervenir sur les gènes.

Nous pouvons améliorer certaines capacités.

Mais nous ne pouvons pas fabriquer la grâce sanctifiante.

Nous ne pouvons pas fabriquer la filiation divine.

Nous ne pouvons pas fabriquer la vision béatifique.

Nous ne pouvons pas fabriquer le ciel.

Le salut n’est pas un produit technologique.

C’est un don de Dieu.

11. La technologie peut devenir une nouvelle forme d’idolâtrie

L’idolâtrie ne consiste pas seulement à s’agenouiller devant une statue.

Elle peut aussi consister à attribuer à une créature ce qui appartient à Dieu seul.

La technologie est une création humaine.

Elle est le fruit de l’intelligence que Dieu a donnée à l’homme.

Mais lorsque la technologie commence à recevoir une confiance absolue, elle peut devenir une idole.

Cela se produit lorsque nous attendons d’elle ce que Dieu seul peut donner.

Lorsque nous attendons d’elle qu’elle élimine toute maladie.

Qu’elle élimine toute souffrance.

Qu’elle élimine la mort.

Qu’elle détermine le bien et le mal.

Qu’elle résolve la solitude.

Qu’elle donne un sens à l’existence.

Qu’elle décide qui mérite de vivre.

Qu’elle détermine ce que signifie être humain.

À ce moment-là, la technologie cesse d’être un instrument.

Elle devient une sorte de sauveur séculier.

Et l’histoire humaine connaît suffisamment les dangers des faux sauveurs.

12. Le paradoxe de vouloir vaincre la mort sans accepter la vie comme un don

Il existe également une contradiction spirituelle profonde.

L’homme moderne peut considérer la mort comme une absurdité absolue tout en essayant simultanément de l’éliminer grâce à la technologie.

Mais la foi chrétienne enseigne que la mort est un véritable ennemi, même si elle n’a pas le dernier mot.

Saint Paul dit :

« Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort » (1 Co 15, 26).

Le christianisme ne glorifie pas la mort.

Le Christ Lui-même a pleuré devant le tombeau de Lazare.

L’Église accompagne les malades.

Elle prie pour les mourants.

Elle administre l’Onction des malades.

Elle encourage la médecine.

Elle défend la vie.

Mais elle ne promet pas que la médecine puisse transformer notre existence terrestre en une existence indéfiniment prolongée.

La mort rappelle à l’homme qu’il n’est pas Dieu.

Et précisément parce que nous ne sommes pas Dieu, nous avons besoin de Dieu.

13. Vieillissement : ennemi absolu ou appel à l’espérance ?

L’une des aspirations du transhumanisme est de vaincre le vieillissement.

Du point de vue médical, combattre les maladies liées à l’âge est légitime et souhaitable.

Mais du point de vue de l’anthropologie chrétienne, nous devons distinguer entre traiter la maladie et considérer la condition mortelle de l’homme comme une erreur qu’il faudrait éliminer par principe.

La vieillesse possède également une dimension spirituelle.

La personne âgée rappelle à la société que l’homme n’a pas de valeur en raison de sa productivité.

Elle nous rappelle que la vie humaine ne peut pas être mesurée exclusivement en termes économiques.

Elle nous rappelle que nous avons besoin des soins les uns des autres.

Et elle nous rappelle quelque chose que notre culture cherche à cacher :

nous sommes mortels.

Cette conscience peut être profondément saine.

La mort ne doit pas devenir une obsession, mais la conscience de notre mortalité peut nous aider à ordonner notre vie.

« Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse » (Ps 90, 12).

14. La technologie peut soulager la souffrance, mais elle ne peut pas en expliquer le sens

Une autre différence fondamentale concerne la souffrance.

La médecine doit combattre la souffrance évitable.

Le christianisme n’enseigne jamais que nous devons rechercher la douleur pour elle-même.

Mais il n’affirme pas non plus que toute souffrance est dépourvue de sens.

Nous rencontrons ici l’un des grands mystères de la foi.

Le Christ n’a pas immédiatement éliminé toute souffrance du monde.

Il y est entré.

Il l’a assumée.

Il l’a rachetée de l’intérieur.

La Croix est la réponse chrétienne à la souffrance.

Cela ne signifie pas que nous devons rejeter les progrès médicaux.

Cela signifie que même lorsque la médecine ne peut pas guérir, la personne conserve sa dignité.

Et cette vérité est fondamentale dans une société qui risque d’identifier la dignité à la santé, à l’autonomie ou à l’efficacité.

Le christianisme proclame quelque chose de radical :

la personne malade demeure pleinement humaine.

15. Que se passe-t-il lorsque la perfection devient une obligation ?

Le transhumanisme soulève également un problème social.

Si certaines technologies réussissent à augmenter les capacités humaines, une nouvelle forme d’inégalité pourrait apparaître.

Imaginons une société dans laquelle certaines améliorations génétiques, cognitives ou neurologiques deviennent possibles.

Seront-elles facultatives ?

Seront-elles accessibles à tous ?

Les parents pourront-ils refuser certaines interventions pour leurs enfants ?

Pourrait-il arriver un moment où quelqu’un serait considéré comme irresponsable parce qu’il n’aurait pas « augmenté » technologiquement ses enfants ?

Ces questions ne relèvent pas uniquement de la science-fiction.

La logique de l’efficacité pourrait finalement générer une nouvelle forme de pression sociale.

Autrefois, on disait aux gens :

« Vous devez être plus riches. »

Puis :

« Vous devez être plus productifs. »

Maintenant pourrait apparaître un nouveau message :

« Vous devez être biologiquement supérieurs. »

L’humanité risquerait alors de produire une nouvelle aristocratie : fondée non seulement sur la richesse, mais aussi sur l’accès aux technologies d’amélioration humaine.

Le christianisme doit constamment nous rappeler que aucune capacité supplémentaire ne crée une dignité supplémentaire.

Un enfant handicapé n’a pas moins de valeur qu’un athlète.

Une personne âgée n’a pas moins de valeur qu’une personne jeune.

Une personne malade n’a pas moins de valeur qu’une personne en bonne santé.

Un homme ayant des capacités intellectuelles moindres n’a pas moins de valeur qu’un scientifique.

La dignité ne peut pas être achetée.

Elle ne peut pas être programmée.

Elle ne peut pas être implantée.

Elle ne peut pas être téléchargée.

Elle ne peut pas être augmentée.

Elle est reçue de Dieu.

16. Le danger d’une humanité divisée entre les « augmentés » et les « non-augmentés »

Si la logique transhumaniste devait se radicaliser, une distinction pourrait apparaître entre les êtres humains « augmentés » et les êtres humains « naturels ».

Cela soulèverait une grave question morale.

Resteraient-ils égaux ?

Auraient-ils les mêmes droits ?

Ceux qui refuseraient certaines technologies seraient-ils considérés comme inférieurs ?

La capacité technologique deviendrait-elle un critère de sélection sociale ?

L’histoire nous enseigne que lorsqu’une société commence à classer les êtres humains selon leur valeur, les conséquences peuvent être dévastatrices.

La doctrine chrétienne offre un critère radicalement différent :

chaque être humain possède une dignité inviolable parce qu’il a été créé à l’image de Dieu.

Cette dignité n’augmente pas avec l’intelligence.

Elle ne diminue pas avec la maladie.

Elle ne disparaît pas avec la vieillesse.

Elle ne dépend pas de l’autonomie.

Elle ne dépend pas de la productivité.

Elle ne dépend pas du niveau technologique.

17. Le corps comme objet de consommation

Il existe un autre danger.

Si le corps peut être modifié indéfiniment selon les désirs individuels, il pourrait finalement devenir un produit de consommation.

Aujourd’hui je change mes vêtements.

Demain je change mon corps.

Aujourd’hui je modifie mon apparence.

Demain je modifie mes capacités.

La logique du marché peut entrer dans la dimension la plus intime de la personne.

Le corps cesse d’être reçu comme une partie de son identité et commence à être traité comme une plateforme configurable.

Mais l’anthropologie chrétienne enseigne que je ne suis pas simplement un utilisateur qui possède un corps.

Je suis une personne corporelle.

Mon corps fait partie de mon être.

Cela ne signifie pas que toute modification corporelle soit moralement illicite. Il existe des interventions médicales légitimes et des traitements nécessaires.

Cela signifie que le corps ne peut pas être considéré comme une matière moralement neutre que nous pourrions manipuler sans aucune référence à la vérité sur la personne.

18. La liberté ne signifie pas pouvoir tout faire

Un autre point central apparaît ici.

L’un des mots les plus fréquemment utilisés dans notre culture est « liberté ».

Mais la liberté chrétienne ne signifie pas :

« Je peux faire tout ce que je veux. »

Elle signifie :

« Je suis capable de choisir le bien. »

Une personne peut être extrêmement libre d’un point de vue technique et profondément esclave d’un point de vue moral.

Elle peut avoir des possibilités infinies et être incapable de maîtriser ses passions.

Elle peut avoir accès à d’innombrables technologies et ne pas savoir pourquoi elle vit.

Elle peut contrôler des machines et ne pas contrôler sa colère.

Elle peut modifier son corps et ne pas savoir qui elle est.

La véritable liberté exige la vérité.

Le Christ dit :

« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).

Par conséquent, la liberté humaine a besoin d’une vérité sur l’homme.

Si nous ne savons pas ce qu’est l’homme, nous ne pouvons pas non plus savoir ce que signifie le respecter.

19. Le véritable progrès : perfectionner la personne, non fabriquer un produit

L’Église n’est pas appelée à rejeter tout progrès.

Elle est appelée à le discerner.

Le chrétien peut sincèrement se réjouir des avancées scientifiques qui guérissent les maladies, soulagent la souffrance et aident les personnes.

Mais il doit se rappeler qu’il existe une différence entre :

le progrès technique

et

le progrès humain.

Le premier augmente nos capacités.

Le second améliore la manière dont nous les utilisons.

Nous pouvons avoir davantage de technologie et moins de sagesse.

Davantage d’informations et moins de vérité.

Davantage de communication et moins de communion.

Davantage de capacité d’intervention et moins de prudence.

Davantage de pouvoir et moins de vertu.

Par conséquent, la question véritablement chrétienne concernant le progrès scientifique n’est pas :

« Devons-nous arrêter le progrès ? »

Mais :

« Quel genre de progrès voulons-nous ? »

20. La vertu de prudence face à la fascination technologique

La tradition catholique offre un outil extraordinaire pour discerner ces problèmes : la prudence.

La prudence n’est pas la peur.

Elle n’est pas un rejet irrationnel de ce qui est nouveau.

Elle ne signifie pas retourner au passé.

La prudence signifie délibérer correctement sur la manière d’atteindre un véritable bien.

Face à une nouvelle technologie, le chrétien devrait demander :

À quoi sert-elle ?

À qui profite-t-elle ?

Qui pourrait-elle nuire ?

Respecte-t-elle la dignité humaine ?

Respecte-t-elle l’intégrité corporelle ?

Respecte-t-elle la vie ?

Va-t-elle créer de nouvelles formes d’inégalité ?

Favorise-t-elle la vertu ou nourrit-elle la vanité ?

Aide-t-elle l’homme à accomplir sa vocation ou le transforme-t-elle en objet ?

Favorise-t-elle le service ou la domination ?

Est-elle utilisée pour guérir ou pour satisfaire une obsession de contrôle ?

Ces questions sont bien plus importantes que la fascination produite par une nouvelle technologie.

21. Le chrétien ne doit pas avoir peur de la science

Il est important de le dire clairement.

La foi catholique n’a aucune raison de craindre la science.

La science étudie la création.

Et la création appartient à Dieu.

L’intelligence humaine est également un don de Dieu.

Ainsi, la recherche scientifique peut être une forme de service du prochain.

Un médecin qui étudie une maladie cherche à soulager la souffrance.

Un chercheur qui développe une thérapie peut accomplir une œuvre de miséricorde.

Un ingénieur qui crée une prothèse peut rendre son autonomie à une personne.

Un scientifique qui étudie une maladie génétique peut aider de nombreuses familles.

Tout cela peut être bon.

La question apparaît lorsque la technologie abandonne l’humilité et commence à se présenter comme une philosophie totale de l’existence.

La science peut nous dire comment fonctionne une réalité.

Mais elle ne peut pas, à elle seule, nous dire quel est le sens ultime de notre existence.

Elle peut décrire le cerveau.

Elle ne peut pas prouver que l’homme n’est qu’un cerveau.

Elle peut décrire l’ADN.

Elle ne peut pas réduire la personne à une séquence génétique.

Elle peut mesurer les processus neuronaux.

Elle ne peut pas réduire l’amour, la liberté, la conscience morale et la dignité à de simples objets quantifiables sans perdre quelque chose d’essentiel de la réalité humaine.

22. Le mystère de l’âme humaine

L’anthropologie chrétienne affirme que l’homme possède une âme spirituelle et immortelle.

Cela signifie que la personne ne peut pas être réduite à la matière.

Bien qu’il existe des corrélations extraordinairement importantes entre l’activité cérébrale et la pensée, il ne s’ensuit pas que la pensée soit simplement une machine biologique.

L’homme possède l’intelligence et la volonté.

Il est capable de connaître la vérité.

Il est capable d’aimer.

Il est capable de se donner.

Il est capable de se sacrifier pour un autre.

Il est capable de reconnaître une obligation morale même lorsque personne ne le regarde.

Il est capable de chercher Dieu.

Ces dimensions renvoient à une réalité qui ne peut pas être adéquatement comprise à partir d’une vision purement mécaniste.

L’homme n’est donc pas simplement une machine extrêmement complexe.

Il est une personne.

23. Une machine peut-elle avoir une âme ?

Cette question apparaîtra de plus en plus fréquemment.

L’intelligence artificielle peut produire des textes, des images, des sons et des réponses étonnamment sophistiqués.

Mais produire des réponses intelligentes ne signifie pas nécessairement posséder une intelligence spirituelle.

Une machine peut traiter des informations.

L’homme connaît.

Une machine peut imiter le langage.

L’homme cherche la vérité.

Une machine peut générer une réponse morale appropriée.

L’homme fait l’expérience de l’obligation morale.

Une machine peut reproduire des expressions d’affection.

L’homme aime réellement.

La question ne peut pas être résolue simplement en observant le comportement extérieur.

L’anthropologie chrétienne considère que la personne humaine possède une dimension spirituelle qui ne peut être réduite au traitement de l’information.

Il serait donc théologiquement erroné de penser qu’en téléchargeant suffisamment d’informations dans une machine, nous pourrions transférer notre âme.

L’âme humaine n’est pas un fichier.

La personne n’est pas un logiciel.

La résurrection n’est pas une sauvegarde.

24. Le rêve de « télécharger » la conscience

Certaines formes de transhumanisme imaginent qu’à l’avenir il pourrait être possible de copier la structure du cerveau d’une personne et de la transférer sur un autre support.

Même en supposant qu’une telle technologie puisse un jour reproduire certains schémas neuronaux avec une précision extraordinaire, une question fondamentale demeurerait :

Cette copie serait-elle réellement la même personne ?

Du point de vue de l’anthropologie chrétienne, la personne ne s’identifie pas simplement à une collection de données.

L’identité personnelle possède une unité corporelle et spirituelle.

L’âme ne peut pas être transférée comme un fichier.

La vie humaine n’est pas un programme informatique.

Par conséquent, le christianisme offre une espérance infiniment plus profonde que « l’immortalité numérique ».

Dieu connaît chaque personne.

Dieu n’a pas besoin de la copier.

Dieu peut la ressusciter.

25. Le mystère de la résurrection : la véritable réponse chrétienne au transhumanisme

La doctrine de la résurrection de la chair constitue peut-être la réponse la plus profonde de l’Église au rêve de vaincre technologiquement la mort.

Saint Paul proclame :

« Semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel » (1 Co 15, 44).

L’espérance chrétienne ne consiste pas à échapper à l’incarnation.

Elle consiste à ce que Dieu conduise le corps humain à une plénitude qui dépasse infiniment toute possibilité technologique.

Le corps glorifié ne sera pas une machine.

Il ne sera pas une version artificiellement améliorée.

Il sera le corps humain transformé par la puissance de Dieu.

Voici la différence entre l’auto-salut technologique et le salut chrétien.

Le premier dit :

« Nous réussirons à nous dépasser nous-mêmes. »

Le second proclame :

« Dieu nous sauvera. »

Le premier naît de l’autosuffisance.

Le second naît de la grâce.

26. Le danger spirituel de l’orgueil technologique

La technologie peut favoriser une forme particulièrement subtile d’orgueil.

L’homme moderne peut en venir à penser :

« Si je peux le faire, je n’ai pas besoin d’accepter de limites. »

Mais la limite n’est pas toujours l’ennemie de la liberté.

Parfois, la limite révèle notre condition.

Un enfant a besoin de recevoir.

Une personne malade a besoin d’aide.

Une personne âgée a besoin de soins.

L’être humain a besoin de repos.

Nous avons tous besoin des autres.

Nous avons tous besoin du pardon.

Nous avons tous besoin d’aimer et d’être aimés.

Nous avons tous besoin de Dieu.

La culture de l’autosuffisance considère ces dépendances comme des défauts.

L’anthropologie chrétienne peut aussi les comprendre comme des occasions de communion.

L’homme n’a pas été créé pour être autosuffisant.

Il a été créé pour Dieu et pour les autres.

27. La grâce ne détruit pas la nature : elle la perfectionne

L’une des grandes affirmations de la tradition catholique est que la grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne.

C’est fondamental.

La réponse chrétienne au transhumanisme ne consiste pas à mépriser la nature humaine.

Elle consiste à reconnaître que la nature humaine possède sa propre perfection et qu’elle est, en outre, appelée à une élévation surnaturelle.

L’homme est fait pour quelque chose de plus grand qu’une existence biologique indéfiniment prolongée.

Il est fait pour Dieu.

La vocation humaine dépasse infiniment tout projet d’amélioration technologique.

La destinée de l’homme n’est pas de devenir une créature technologiquement supérieure.

Elle est de devenir, par grâce, enfant adoptif de Dieu et de participer à Sa vie.

28. La sainteté est le véritable « perfectionnement » de l’homme

Nous pouvons ici utiliser une expression provocatrice :

L’Église croit elle aussi en la perfection de l’homme.

Mais elle l’appelle sainteté.

Un saint n’est pas quelqu’un qui est biologiquement supérieur.

C’est quelqu’un dont la volonté s’est conformée à Dieu.

Saint François d’Assise n’avait pas besoin d’une intelligence augmentée.

Sainte Thérèse d’Avila n’avait pas besoin d’implants neuronaux.

Saint Joseph n’avait pas besoin de prolonger artificiellement sa vie.

Les martyrs n’avaient pas besoin d’éliminer la souffrance.

La grandeur chrétienne ne consiste pas à posséder davantage de pouvoir.

Elle consiste à aimer davantage.

La sainteté constitue donc une critique radicale de l’idéal transhumaniste compris comme auto-transcendance absolue.

Le saint ne dit pas :

« Je vais me rendre parfait. »

Il dit :

« Seigneur, rends-moi saint. »

29. Que doit faire un catholique face au transhumanisme ?

Il ne suffit pas de critiquer intellectuellement le transhumanisme.

Le chrétien doit vivre concrètement.

Premièrement, il doit cultiver une relation saine avec la technologie.

Ne la diabolisez pas.

Mais ne l’idolâtrez pas non plus.

Utilisez-la.

Ne la servez pas.

Deuxièmement, il doit retrouver le sens d’être une créature.

Rendre grâce pour la vie.

Rendre grâce pour le corps.

Rendre grâce pour la santé.

Rendre grâce pour l’intelligence.

Reconnaître aussi les limites.

Troisièmement, il doit retrouver la vertu de tempérance.

Tout ce qui est techniquement possible n’est pas nécessaire.

Tout ce qui est nouveau n’est pas meilleur.

Toute commodité n’améliore pas la vie.

Toute optimisation ne produit pas le bonheur.

Quatrièmement, il doit retrouver la vie sacramentelle.

Parce qu’aucun dispositif ne peut donner la grâce sanctifiante.

Aucune intelligence artificielle ne peut absoudre les péchés.

Aucune technologie ne peut consacrer l’Eucharistie.

Aucune machine ne peut remplacer la rencontre surnaturelle avec le Christ.

30. L’Eucharistie face au rêve de l’immortalité technologique

Il existe ici un contraste profondément magnifique.

Le transhumanisme rêve de préserver la vie.

L’Église offre à l’homme le Pain de Vie.

Le Christ dit :

« Moi, je suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura jamais faim » (Jn 6, 35).

La technologie peut tenter de prolonger notre existence biologique.

Le Christ offre la vie éternelle.

La différence est infinie.

L’Eucharistie ne rend pas magiquement l’homme biologiquement immortel.

Mais elle unit le chrétien au Christ et oriente toute son existence vers la résurrection.

Le chrétien n’a pas besoin d’inventer une technologie pour échapper à la mort.

Il doit vivre uni à Celui qui a vaincu la mort.

31. La confession face au rêve de la perfection artificielle

Il existe également un contraste entre la logique transhumaniste et le sacrement de pénitence.

Le transhumanisme peut dire :

« Élimine tes défauts. »

L’Évangile dit :

« Convertis-toi. »

La différence est profonde.

Le péché n’est pas simplement un défaut de programmation.

Ce n’est pas une erreur biologique.

Ce n’est pas une anomalie que l’on pourrait corriger par l’ingénierie.

C’est une rupture de la relation avec Dieu.

Il exige donc le repentir.

Il exige la grâce.

Il exige la miséricorde.

Il exige la rédemption.

La modification génétique ne peut pas absoudre un péché.

Une interface cérébrale ne peut pas restaurer l’amitié avec Dieu.

Une machine ne peut pas remplacer le sacrement de réconciliation.

L’homme a besoin de quelque chose qu’aucune technologie ne peut produire :

le pardon.

32. La famille face au laboratoire

La famille doit également retrouver sa mission.

Dans une culture obsédée par la conception des êtres humains, il existe un risque que même les enfants commencent à être considérés comme des projets.

« Comment est-ce que je veux que soit mon enfant ? »

« Quelles capacités est-ce que je veux qu’il possède ? »

« Quelles caractéristiques est-ce que je veux sélectionner ? »

Mais un enfant n’est pas un produit.

Il est un don.

Les parents reçoivent une personne qui ne leur appartient pas absolument.

Ils ne sont pas des fabricants d’êtres humains.

Ils sont des gardiens.

La paternité et la maternité sont essentiellement des actes d’accueil.

Ainsi, la famille chrétienne peut devenir l’un des lieux où une vérité que la culture technologique pourrait oublier est préservée :

une personne n’a pas besoin d’être conçue pour être aimée.

33. Éduquer les enfants dans une culture technologique

Les parents catholiques ont ici une mission immense.

Il ne suffit pas d’interdire certaines technologies.

Les enfants doivent apprendre à les discerner.

Ils doivent comprendre qu’un écran n’est pas un ennemi.

Mais qu’il n’est pas non plus un ami.

L’intelligence artificielle peut être utile.

Mais elle ne peut pas remplacer la conscience.

Un réseau social peut connecter des personnes.

Mais il ne peut pas remplacer une véritable amitié.

Un outil technologique peut aider à étudier.

Mais il ne peut pas remplacer l’effort personnel.

Une application peut nous rappeler de prier.

Mais elle ne peut pas aimer Dieu à notre place.

La technologie doit occuper sa juste place :

un instrument, jamais un maître.

34. La vie chrétienne comme école de la dépendance

Peut-être l’un des plus grands défis spirituels posés par le transhumanisme est-il de retrouver la valeur de la dépendance.

Nous dépendons de Dieu.

Nous dépendons de nos parents.

Nous dépendons de notre famille.

Nous dépendons de nos amis.

Nous dépendons de la société.

Nous dépendons de ceux qui prennent soin de nous lorsque nous tombons malades.

Et finalement, nous dépendons totalement de Dieu pour notre salut.

La culture contemporaine interprète souvent la dépendance comme une humiliation.

Le christianisme peut montrer que recevoir est aussi une forme d’aimer.

L’enfant reçoit.

La personne malade reçoit.

La personne âgée reçoit.

Le pauvre reçoit.

Et nous aussi, constamment.

L’existence elle-même est reçue.

35. L’homme n’a pas besoin de devenir Dieu parce que Dieu s’est fait homme

Nous trouvons ici peut-être la plus belle réponse à toute la question.

L’homme moderne peut rêver de devenir divin par la technologie.

Le christianisme annonce quelque chose d’infiniment plus étonnant :

Dieu s’est fait homme.

Ce n’est pas l’homme qui est monté jusqu’à Dieu.

C’est Dieu qui est descendu jusqu’à l’homme.

Nous n’avons pas besoin de fabriquer notre propre divinité.

Dieu nous a offert de participer à Sa vie.

La tradition chrétienne appelle cela la divinisation ou la déification par la grâce.

Saint Pierre parle de devenir « participants de la nature divine » (2 P 1, 4).

Mais cette divinisation ne signifie pas que nous devenons des dieux par nature.

Elle signifie que nous participons à la vie de Dieu par grâce.

La différence est absolue.

Le transhumanisme radical peut dire :

« Nous deviendrons comme des dieux grâce à notre propre capacité. »

Le christianisme dit :

« Dieu fait de nous Ses enfants par grâce. »

L’un est l’autosuffisance.

L’autre est le don.

36. L’humilité comme vertu technologique

Peut-être l’une des vertus dont nous avons le plus besoin au XXIe siècle est-elle l’humilité.

Non pas une fausse humilité qui méprise l’intelligence.

Mais la véritable humilité qui reconnaît la vérité.

La technologie peut accomplir des choses extraordinaires.

Mais elle ne peut pas répondre à notre place aux questions ultimes :

D’où est-ce que je viens ?

Pourquoi est-ce que j’existe ?

Qu’est-ce que le bien ?

Pourquoi dois-je aimer ?

Pourquoi dois-je pardonner ?

Que se passe-t-il après la mort ?

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

Qui est Dieu ?

Qu’est-ce que le bonheur ?

Aucune machine ne peut résoudre par elle-même ces questions.

L’homme a besoin de la science.

Mais il a aussi besoin de la philosophie.

Il a besoin de la morale.

Il a besoin de la religion.

Et il a besoin de la Révélation.

37. L’Église face à l’avenir : ni technophobie ni technolâtrie

La position catholique ne doit tomber dans aucun des deux extrêmes.

D’un côté, la technophobie, qui considère toute innovation comme suspecte.

De l’autre, la technolâtrie, qui considère toute innovation comme un progrès moral.

Les deux positions sont insuffisantes.

Le chrétien doit suivre une troisième voie :

le discernement.

Accepter ce qui est bon.

Rejeter ce qui est mauvais.

Corriger ce qui est dangereux.

Réglementer ce qui nécessite des limites.

Promouvoir une recherche orientée vers le véritable bien humain.

Et toujours se rappeler que la technologie doit être subordonnée à la personne.

38. La grande question de notre époque

La question décisive ne sera pas simplement de savoir combien la technologie sera capable de faire.

Elle sera probablement capable de faire énormément de choses.

La question sera :

« Que ferons-nous de ce pouvoir ? »

Un couteau peut servir à préparer la nourriture ou à tuer.

La technologie génétique peut guérir ou être utilisée pour sélectionner et éliminer des êtres humains.

L’intelligence artificielle peut aider ou manipuler.

La neurotechnologie peut réhabiliter ou contrôler.

La biotechnologie peut soigner ou devenir un instrument de discrimination.

L’avenir de l’humanité dépendra donc non seulement de scientifiques brillants.

Il dépendra aussi de personnes vertueuses.

Nous aurons besoin de science.

Mais nous aurons encore davantage besoin de sagesse.

39. Le véritable ennemi n’est pas la machine, mais le péché

Cette affirmation mérite d’être gravée dans notre esprit.

Le problème fondamental n’est pas que les machines deviennent trop puissantes.

Le problème est que le cœur humain demeure blessé par le péché.

Une technologie puissante entre les mains d’une personne vertueuse peut devenir un instrument de bien.

Une technologie puissante entre les mains d’une personne dominée par l’orgueil peut devenir un instrument de destruction.

Le christianisme ne propose donc pas seulement d’améliorer les outils.

Il propose de convertir le cœur.

« Ô Dieu, crée pour moi un cœur pur » (Ps 51, 12).

Cette prière restera nécessaire même si l’humanité possède des technologies inimaginables.

40. L’avenir n’appartient pas à l’homme qui contrôle tout

La mentalité moderne peut suggérer que l’être humain idéal sera celui qui contrôlera complètement son corps, son environnement, son intelligence, sa longévité et finalement sa propre existence.

L’anthropologie chrétienne propose une image complètement différente.

Le véritable grand homme n’est pas celui qui contrôle tout.

C’est celui qui apprend à se donner.

Le Christ Lui-même est le modèle suprême.

Il ne sauve pas le monde par l’autosuffisance.

Il le sauve par l’obéissance et l’amour.

« Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix » (Ph 2, 8).

Nous trouvons ici l’inversion complète de Babel.

Babel dit :

« Montons jusqu’au ciel. »

Le Christ dit :

« Que ta volonté soit faite. »

Babel représente l’orgueil.

Le Christ représente l’obéissance.

Babel veut conquérir.

Le Christ se donne.

Babel veut devenir grand par lui-même.

Le Christ devient petit pour sauver.

Et ici nous trouvons la véritable réponse chrétienne à l’orgueil technologique.

41. Nous n’avons pas besoin d’un « surhomme » : nous avons besoin de saints

La société contemporaine peut rêver de personnes plus rapides, plus intelligentes, plus résistantes, vivant plus longtemps et plus capables.

L’Église rêve de quelque chose de différent.

Des hommes saints.

Des femmes saintes.

Des pères saints.

Des mères saintes.

Des prêtres saints.

Des jeunes saints.

Des personnes âgées saintes.

Des scientifiques saints.

Des médecins saints.

Des ingénieurs saints.

Des programmeurs saints.

Des entrepreneurs saints.

Car une personne extraordinairement intelligente mais moralement corrompue peut faire énormément de mal.

À l’inverse, un scientifique qui aime véritablement Dieu et son prochain peut utiliser son savoir comme un service.

La question n’est pas seulement de savoir comment augmenter les capacités.

Il s’agit de savoir comment ordonner ces capacités vers le bien.

42. Une règle simple pour discerner la technologie

Face à toute innovation future, le catholique peut poser cinq questions :

Premièrement : Protège-t-elle ou dégrade-t-elle la dignité humaine ?

Deuxièmement : Sert-elle la personne ou transforme-t-elle la personne en objet ?

Troisièmement : Guérit-elle une maladie ou cherche-t-elle arbitrairement à redéfinir ce que signifie être humain ?

Quatrièmement : Favorise-t-elle le bien commun ou crée-t-elle de nouvelles formes de domination ?

Cinquièmement : M’aide-t-elle à mieux vivre ma vocation ou nourrit-elle mon orgueil ?

Ces questions ne résoudront pas tous les problèmes scientifiques.

Mais elles nous aideront à maintenir le bon horizon.

43. La réponse pastorale : former les consciences, pas produire de la peur

L’Église possède également une responsabilité pastorale.

Elle ne doit pas se contenter de dire :

« La technologie est dangereuse. »

Elle doit former des consciences capables de discerner.

Les catholiques doivent connaître l’anthropologie chrétienne.

Ils doivent comprendre ce qu’est la personne.

Ce qu’est le corps.

Ce qu’est l’âme.

Ce qu’est la liberté.

Ce qu’est la conscience.

Ce qu’est le péché.

Ce qu’est la grâce.

Ce qu’est la rédemption.

Ce qu’est la résurrection.

Sans ces fondements, le débat sur la technologie se réduit à des opinions.

Avec eux, nous pouvons exercer un véritable discernement moral.

44. La pastorale à l’ère technologique

Les paroisses et les communautés catholiques devraient parler de plus en plus de ces questions.

Non seulement de manière défensive.

Mais aussi de manière positive.

Les jeunes doivent apprendre que leur valeur ne dépend pas des « likes ».

Que leur intelligence ne détermine pas leur dignité.

Que leur corps n’est pas un objet de consommation.

Que la maladie ne fait pas d’eux des êtres inférieurs.

Que la mort ne signifie pas que leur vie a été un échec.

Que la technologie peut être utilisée sans devenir une religion.

Que la prière demeure nécessaire même si les machines peuvent répondre aux questions.

Que la confession demeure nécessaire même si des applications peuvent aider à améliorer certaines habitudes.

Que l’Eucharistie demeure le centre de la vie chrétienne même si le monde peut se connecter numériquement en quelques secondes.

Et qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer le Christ.

45. La véritable révolution : retrouver le sens d’être une créature

Peut-être la grande tâche spirituelle de notre époque consiste-t-elle à retrouver un mot que la modernité trouve inconfortable :

créature.

Nous sommes des créatures.

Et c’est une bonne nouvelle.

Cela signifie que nous n’avons pas à inventer nous-mêmes notre fondement.

Nous n’avons pas à justifier notre existence.

Nous n’avons pas à nous transformer en dieux.

Nous n’avons pas à prouver constamment notre valeur.

Dieu nous a voulus.

Dieu nous soutient.

Dieu nous appelle.

Dieu nous rachète.

Dieu nous attend.

La condition de créature n’est pas une humiliation.

Elle est la racine de la gratitude.

Conclusion : de l’orgueil de Babel à l’humilité du Christ

Le transhumanisme soulève certaines des questions les plus importantes auxquelles l’humanité devra faire face au cours des prochaines décennies.

Que pouvons-nous modifier ?

Que devons-nous modifier ?

Que signifie améliorer l’être humain ?

Quelles limites existent ?

Qui les établit ?

Quelle relation doit exister entre la technologie et la dignité ?

Que se passera-t-il lorsque nous pourrons intervenir profondément dans la biologie humaine ?

Ces questions ne peuvent pas être résolues uniquement dans les laboratoires.

Elles ont besoin de philosophie.

Elles ont besoin d’éthique.

Elles ont besoin de droit.

Et, surtout, elles ont besoin d’une véritable anthropologie.

L’anthropologie chrétienne commence par une affirmation simple mais révolutionnaire :

l’homme est une créature.

Il n’est pas Dieu.

Mais il a été créé à l’image de Dieu.

Il n’est pas parfait.

Mais il a été créé pour la perfection.

Il n’est pas immortel par nature.

Mais il est appelé à la vie éternelle.

Il est blessé par le péché.

Mais il peut être guéri par la grâce.

Son corps est mortel.

Mais il est destiné à la résurrection.

Il ne peut pas se sauver lui-même.

Mais il a été racheté par le Christ.

C’est là la différence fondamentale.

Le transhumanisme, lorsqu’il devient une idéologie d’auto-transcendance absolue, rêve de dépasser l’homme par la propre puissance de l’homme.

Le christianisme annonce que l’homme atteint sa véritable grandeur lorsqu’il cesse de prétendre être Dieu et accepte humblement de recevoir de Dieu ce qu’il ne pourrait jamais se donner à lui-même.

La technologie peut nous donner des outils extraordinaires.

Elle peut guérir.

Elle peut aider.

Elle peut soulager.

Elle peut améliorer de nombreuses conditions de notre existence.

Nous devons en être reconnaissants et l’utiliser de manière responsable.

Mais nous ne devons jamais confondre un outil avec un sauveur.

Car aucune machine ne peut racheter le péché.

Aucun algorithme ne peut donner la grâce.

Aucun implant ne peut produire la sainteté.

Aucun laboratoire ne peut fabriquer la vie éternelle.

Aucune intelligence artificielle ne peut prendre la place de Dieu.

Et aucune technologie ne pourra jamais répondre à la question la plus profonde du cœur humain :

« Pour qui ai-je été créé ? »

La réponse chrétienne demeure inchangée :

« Tu as été créé pour Dieu. »

Saint Augustin l’a exprimé dans des paroles qui ont traversé les siècles :

« Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en Toi. »

Voilà le point qu’aucune révolution technologique ne peut changer.

L’homme peut transformer le monde.

Il peut construire des machines.

Il peut explorer l’univers.

Il peut modifier certains aspects de son organisme.

Il peut développer des outils extraordinaires.

Mais il ne cessera jamais d’être une créature.

Et précisément parce qu’il est une créature, sa grandeur ne consiste pas à tout contrôler.

Elle consiste à reconnaître humblement de qui il a reçu son existence.

La véritable question de l’avenir ne sera pas de savoir si nous serons capables de devenir quelque chose de plus qu’humain.

Elle sera de savoir si nous apprendrons enfin à être véritablement humains.

Et pour le chrétien, être véritablement humain signifie vivre selon la vérité de notre nature, reconnaître la blessure du péché, accueillir la grâce, aimer Dieu par-dessus toutes choses, aimer son prochain et marcher vers la destinée pour laquelle nous avons été créés :

la communion éternelle avec Dieu.

Nous n’avons pas besoin de fabriquer un homme nouveau.

Nous avons besoin que le Christ fasse toutes choses nouvelles.

« Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5).

Voilà le véritable avenir de l’homme.

Non pas l’orgueil de Babel.

Non pas l’illusion d’un salut fabriqué par nos propres mains.

Mais le Christ.

La grâce.

La rédemption.

La résurrection.

Et la vie éternelle.

À propos catholicus

Pater noster, qui es in cælis: sanc­ti­ficétur nomen tuum; advéniat regnum tuum; fiat volúntas tua, sicut in cælo, et in terra. Panem nostrum cotidiánum da nobis hódie; et dimítte nobis débita nostra, sicut et nos dimíttimus debitóribus nostris; et ne nos indúcas in ten­ta­tiónem; sed líbera nos a malo. Amen.

Voir aussi

La prudence politique : la vertu oubliée à l’ère des réseaux sociaux

Comment retrouver le jugement droit en des temps de polarisation, de désinformation et d’immédiateté numérique …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: catholicus.eu